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Dans la Sarthe, ils voulaient garder la tentative de meurtre dans le huis clos familial... |
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Le 11 mai 2022, une femme a été victime d’une tentative de meurtre sous les yeux de ses enfants à Oizé (Sarthe). © Ouest-France
Le 11 mai 2022, une femme a été victime d’une tentative de meurtre sous les yeux de ses enfants à Oizé (Sarthe). Le mari a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Il a demandé à être remis en liberté, ce mercredi 21 décembre 2022, devant la chambre d’instruction d’Angers (Maine-et-Loire).
Le 11 mai dernier, en début de nuit, dans la petite commune d’Oizé, dans la Sarthe, les gendarmes interviennent dans une grande propriété, entourée de bois et d’un plan d’eau.
Ils sont appelés par des voisins qui ont entendu, successivement, des disputes, des tirs puis des cris. À leur arrivée, les forces de l’ordre sont accueillies par une famille composée d’un couple et de ses trois enfants. Tout semble normal…
Mais que s’est-il passé ? Mutisme total. La mère de famille ne dit pas un mot, tandis que deux des trois enfants confirment les propos du père : il ne s’est rien passé.
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Mais le petit dernier, âgé de 12 ans, hoche la tête face aux gendarmes comme pour faire passer un message. Les enquêteurs comprennent vite qu’un secret est bien gardé.
Une femme gendarme laisse son numéro de téléphone à la mère, qui déroulera, le lendemain, le fil tragique des évènements.
« Persuadé que sa femme va le quitter »
Depuis le confinement, le mari boit beaucoup d’alcool et, selon la procédure judiciaire présentée ce mercredi 21 décembre 2022, devant la chambre d’instruction d’Angers (Maine-et-Loire), « est persuadé que sa femme va le quitter » .
Ce 11 mai 2022, alors que l’épouse le prévient qu’elle sera à la maison plus tard que prévu, le mari, alcoolisé, s’imagine qu’elle ne va pas rentrer. Il se munit d’un revolver et le charge de deux balles. Les deux enfants présents dans la maison comprennent que leur père est en train de perdre pied.
Ils descendent ensemble au bord de l’étang et réussissent à faire entendre raison à leur père, qui va se débarrasser de l’arme.
Mais quand la mère de famille arrive et qu’elle retourne un temps à sa voiture, le mari, hors de lui, se saisit d’une carabine cachée derrière la porte d’entrée et « exprime la volonté de tuer sa femme » , indique le président de la chambre.
Il va tirer un coup, « à hauteur d’homme » , en direction de son épouse, accroupie derrière la voiture. Elle n’est pas touchée.
De l’argent et des armes
Les enfants ont peur et convainquent leur père d’arrêter. Le plus jeune se saisit de la carabine, monte le canon vers le ciel et appuie sur la gâchette, pour désarmer son père. Comme si rien ne s’était passé, tout le monde retourne à la maison pour discuter. L’arme est cachée par la fille du couple.
Lors de la perquisition, les gendarmes découvrent un sac à dos dissimulé dans les bois avec, à l’intérieur, une importante somme d’argent et, à proximité, un stock d’armes.
Aujourd’hui, l’auteur présumé des faits demande à être remis en liberté. Son avocat, Me Irfha, évoque un « dossier correctionnel qui ne doit pas aller aux assises. Mon client a besoin d’un accompagnement social mais pas carcéral. »
Ses arguments ne suffiront pas à convaincre la chambre qui décide le maintien en détention de l’auteur présumé des tirs en raison d’un risque de pression sur les témoins et, surtout, d’un risque de réitération.