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Coronavirus. Le festival d’Anjou étudie un plan B pour reporter son édition... |
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La pièce de Joël Pommerat, « Ça ira (1) Fin de Louis », jouée depuis 2005 et Moliérisée trois fois, est la seule pièce connue de la programmation du Festival d’Anjou. La billetterie était ouverte pour quatre dates à Cholet (fin juin), depuis le 14 février. © Archives Ouest-France
La 71e édition, qui doit démarrer le 8 juin, n’aura pas lieu sous la forme prévue. Deux options sont sur la table pour proposer une alternative, en septembre, voire plus tard.
Officiellement, Il est encore programmé du 8 juin au 3 juillet. Mais en coulisses, tout le monde s’est fait une raison. Comme de nombreux grands rendez-vous estivaux, le Festival d’Anjou doit faire face à une triple incertitude : le confinement sera-t-il terminé avant son ouverture ? Si oui, les artistes viendront-ils ? Et si oui, le public se déplacera-t-il ? Sans compter le temps technique nécessaire – trois semaines à un mois – à la préparation. Dans ce contexte, cette 71e édition, dont les grandes lignes devaient être révélées le 16 mars, est-elle condamnée ou va-t-elle être «recyclée» ? Premiers éléments de réponse.
Le festival d’Anjou va-t-il être annulé ?
« Disons qu’il a plus que du plomb dans l’aile » résume, avec un certain sens de la litote, Christian Gillet, président de l’EPCC (établissement public de coopération culturelle) Anjou Théâtre, qui chapeaute le festival. Traduction : il est trop tôt pour tout annuler officiellement. « On attend le discours du président de la République lundi et nous donnerons une réponse rapidement, avant le 15 avril ». L’annulation du festival, sous cette forme, est devenue inéluctable pour des raisons sanitaires, financières et techniques. Un coup dur pour Frédéric Couturier, nouveau directeur d’Anjou théâtre, qui a quitté la Vendée en annulant le Printemps du livre de Montaigu, qu’il pilotait jusqu’ici. Un coup dur, aussi, pour Jean Robert-Charrier, dont c’était la première en tant que directeur artistique.
Un report en septembre est-il envisagé ?
Oui. Ce scénario a même la préférence « des mécènes du festival », assure Christian Gillet. Ces mécènes - une quinzaine d’entreprises et d’institutionnels - qui ont leur mot à dire. En 2018, le montant total de leurs contributions s’élevait à 620 000 €. Le tiers du budget total. La crainte de ces soutiens, c’est qu’une année sans festival d’Anjou « menace l’événement à moyen terme ». Un report en septembre aurait leur faveur pour atténuer le choc. « C’est pourtant improbable, assure une source en interne. Il risque d’y avoir un embouteillage monstre à cette période, parce que tout le monde va avoir la même idée, sans la garantie d’avoir les compagnies. »
Une édition plus « musclée » des Hivernales est-elle aussi une option ?
C’est l’autre option. Plus simple à réaliser, mais moins « sexy » sur le papier. Le festival propose déjà des Hivernales depuis deux saisons, à raison d’un rendez-vous par mois, d’octobre à mai, au grand théâtre d’Angers. Il pourrait donner à ce rendez-vous une ampleur plus importante, et dans tout le département. « Il s’agirait de proposer aussi des spectacles dans les territoires, à Cholet, Saumur, mais ce ne sont que des hypothèses », poursuit Christian Gillet.
La survie financière du festival est-elle menacée ?
On n’en est pas là. De l’argent a déjà été dépensé, sous forme de salaires et supports de communication, pour un festival qui n’aura pas lieu sous la forme prévue. Selon nos informations, peu d’engagements contractuels étaient pris avec les compagnies. Qui ne joueront pas, de toute façon. Au-delà du festival, c’est évidemment les artistes et intermittents du spectacle qui vont subir de plein fouet cette situation.
Festival d'Anjou