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Choletais. A 93 ans, Germain Audusseau a restauré un puits tout seul... |
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Le puits (vu de l’arrière) a été restauré par Germain Audusseau, âgé de 93 ans. © CO
Germain Audusseau habite dans le hameau des Ogeards, à Chanteloup-les-Bois, depuis 1940. A 93 ans, il a entrepris de restaurer le puits situé à côté de chez lui. Cet ancien maçon y a consacré trois semaines.
Germain Audusseau, 93 ans, est une figure locale de Chanteloup-les-Bois : il est notamment connu pour avoir longtemps partagé son savoir-faire lors des fêtes du charbon de bois. Dans son hameau des Ogeards, près de la forêt qui a rythmé sa vie depuis l’enfance, l’homme, qui a aussi travaillé pendant 19 ans dans la maçonnerie, a fédéré autour de lui et de son frère Lucien, décédé en mars, une bienveillance et une solidarité intergénérationnelle indéfectible.
Il y a quelques mois, quand Germain a émis l’idée de redonner un coup de jeune au puits situé à quelques pas de sa porte, le voisinage s’est montré partant. « Ce puits, je l’ai toujours connu depuis mon arrivée aux Ogeards en 1940. Une servitude précise qu’il est à disposition de tout le village. Je me souviens des navettes de seaux pour abreuver les bêtes des fermes du hameau. Jamais je ne l’ai vu tarir. Il a été équipé d’une pompe manuelle au début des années 1960 » rapporte le Cantélupien.
Un puits déjà rénové en 1975 avec son frère

Une tonnelle ombragée de quelques mètres conduit vers le puits. CO
En 1975, Germain et son frère Lucien avaient mis leurs talents de maçon au service de sa restauration. Cela fait près de 50 ans. « Avec mon frère, depuis quelques années, on avait le projet de le rénover, mais on trouvait toujours quelque chose d’autre à faire. Puis mon frère est tombé malade… »
Germain a donc repris l’idée à son compte : « Depuis ce décès, je trouve important de m’occuper l’esprit et ce projet était une occasion de me tourner vers l’avenir. » Au sujet de l’aide de l’entourage, il glisse avec un sourire : « Qu’est-ce qu’on aurait fait à huit ou neuf autour du puits ? Il n’y aurait pas eu de place pour tout le monde ! » Il a donc pris l’initiative de mener seul ce chantier. « Je me suis dit : le puits n’est pas bien haut, je suis capable de monter deux ou trois marches sur un escabeau. J’ai pris mon temps, une heure par-ci, deux heures par-là . Cela m’a pris trois semaines. »
« J’ai juste accepté l’aide de Bernard »

Germain Audusseau devant le puits qu’il a restauré. CO
Avant d’entamer le chantier, Germain avait constaté qu’à cause des feuilles accumulées, la pluie s’écoulait mal. Les voliges avaient pourri : « J’ai retiré les tuiles, j’ai scié de nouvelles voliges que j’ai posées sans pointes car il n’y a pas de pente et j’ai remis les tuiles. J’ai juste accepté l’aide de Bernard, un ami qui a réalisé quelques finitions que ma déficience visuelle m’empêchait de bien faire. »
Après coup, Germain est fier de sa contribution à la conservation d’un élément du patrimoine : « Un puits, c’est précieux ! » Il se souvient trop bien d’avoir vu détruire un four à pain en 1940 dans le hameau : « C’était pour récupérer les matériaux et empierrer un chemin ! »
Pour fêter cette rénovation, un temps convivial est envisagé, qui réunira tous les amis du village.