|
Cholet : le papa de M'vila ne le verra pas en Bleu... |
1
Jean-Elvis M'vila montre une vieille photo de son fils parue dans la presse locale, lors de ses premiers pas de footballeur à Amiens.
Le père de Yann M'vila, qui vit à Cholet, raconte les premiers pas de son fils jusqu'à sa convocation dans la pré-liste pour la Coupe du Monde. Malheureusement, le footballeur ne fait pas partie des 23.
Entretien
Racontez-nous le moment où vous avez appris la pré-sélection de Yann à la mi-mai ?
Je rentrais du travail. J'ai découvert son nom dans la liste des 30 footballeurs pré-sélectionnés, à la télé. Je n'ai pas sauté de joie, car pour moi, c'était la reconnaissance de sa saison. Au téléphone, je l'ai félicité, bien sûr. Mais je lui ai également dit de rester zen. Qu'il y avait encore d'autres grands joueurs au poste de milieu relayeur devant lui : Alou Diarra, Abou Diaby ou... Lassana Diarra.
Yann a été écarté de cette pré-liste six jours plus tard...
Il n'a que 19 ans. Même si en football les choses évoluent très vite, je pense qu'il deviendra un sérieux concurrent, et que les rôles vont s'inverser, d'ici à l'Euro. Il n'a pas eu le temps d'être triste, car il a aussitôt été appelé à rejoindre l'équipe de France espoirs en Argentine.
Avez-vous tout de suite repéré le talent de Yann ?
Je suis moi-même footballeur, j'ai joué en CFA2 à Amiens. Yann, qui est né là-bas, a le foot dans le sang. Lui et son frère Yohan, qui est aussi footballeur professionnel, m'ont toujours accompagné au stade. Ils ont joué dans l'école de foot que j'ai créée à Amiens, je les ai entraînés jusqu'à l'âge de 15 ans. Yann était précoce, il avait déjà pour lui cette vision du jeu. Et puis, il était malin. Au centre de formation du Stade rennais, il a été rapidement perçu comme l'un des meilleurs espoirs du foot français. Avec l'équipe de France des moins de 17 ans, il a joué l'Euro puis la Coupe du monde.
C'est un parcours plutôt fulgurant.
Yann a du potentiel, je crois qu'il peut aller plus haut encore. Il réalise de bonnes passes, de bonnes frappes, et il a un très bon jeu de tête. Il lui manque juste un peu de vitesse.
Vous avez, vous aussi, le foot dans le sang...
Je connais très bien ce monde-là. J'ai 42 ans et j'ai joué à Amiens durant treize saisons, dès mon arrivée en France, en 1983. Au Congo, j'étais le capitaine d'une équipe, j'affrontais des plus grands que moi. Il fallait s'endurcir, car en Afrique, on joue sur des terrains en terre battue, pieds nus. Je suis installé à Cholet. Yann vit à Rennes, on s'appelle au téléphone. Actuellement, je suis intérimaire dans une entreprise de métallurgie, à Saint-Laurent-sur-Sèvre. Mais je n'abandonne pas le sport pour autant, je compte même recréer une école de foot, dans la région.