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Challain-la-Potherie. Edmond Roquier et l’Anjou : « On s’y trouve bien »... |
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Challain-la-Potherie. Edmond Roquier et l’Anjou : « On s’y trouve bien »
Originaires de Cherbourg, le peintre Edmond Roquier et son épouse vivent dans la campagne de Challain-la-Potherie depuis une dizaine d’années. Les amateurs d’art abstrait apprécieront son sens des couleurs et sa perception de la lumière.
De quelle façon êtes-vous arrivé à Challain-la-Potherie ?
« Je suis arrivé à Challain en février 2010. On avait des amis qui habitaient Chazé-sur-Argos qui ont cherché une maison pour nous. On était plus attiré par le sud d’Angers, du côté de Juigné-sur-Loire. Mais, il n’y avait rien qui nous convenait. Nos amis ont finalement trouvé cette maison à Challain. C’était nickel chrome. Il n’y avait qu’à installer les meubles et accrocher les tableaux. On a juste aménagé mon petit atelier pour peindre. On a choisi de vivre en Anjou à cause du climat et de nos amis qui habitaient Chazé. Ce n’est pas trop loin de Paris ni de la Normandie. »
Comment s’est passée votre intégration dans le milieu artistique du Segréen ?
« On a eu à peine fini de vider les cartons que je me suis précipité à la galerie Open eyes de Challain. Louis Harel et Poncaral étaient les deux occupants. Ils cherchaient à faire venir des artistes dans la localité et m’ont accueilli les bras ouverts. J’ai commencé à travailler, dans le domaine de l’art abstrait, avec les gars de la galerie Open eyes. En plus, pour moi, c’était justement ce que je souhaitais travailler. Avant j’étais beaucoup plus classique. Pendant quatre ans, on a vécu des moments super avec des expos, des conférences. Ils m’ont donné plein de contacts. J’ai fait des expos grâce à eux, j’en ai cherché tout seul aussi. Puis malheureusement, l’ambiance s’est détériorée. Louis Harel est décédé il y a trois ans. Je n’ai plus remis les pieds à la galerie. »
Quel a été votre parcours ?
« Je suis né à Cherbourg. J’y ai fait les Beaux-Arts dans les années 1950-60 pendant quatre ans. L’académisme de l’école je l’ai très vite arrangé à ma sauce. Le figuratif, je l’ai toujours laissé à ceux qui aimaient ça. Je suis allé rapidement vers l’abstraction. Après j’ai fait l’armée puis j’ai eu la chance d’être repris par le directeur de l’école des Beaux-Arts de l’époque comme moniteur d’éducation artistique. Après cette année comme enseignant, j’ai été dirigé vers le théâtre municipal de Cherbourg. On était chargé de rénover les décors. Cela a duré plus de quatre ans. Il s’agissait de grands décors en toile avec tous les styles. On avait un directeur qui était très novateur et on a fait des décors ultramodernes. J’étais détaché des Beaux-Arts et ensuite on a pris des élèves avec nous. À l’époque, Cherbourg avait un programme théâtral classique énorme : la saison commençait en mars et se terminait en octobre avec des opérettes, des opéras. Le directeur faisait venir des artistes de Paris. J’ai eu un super prof, Hubert Gallien, avec qui j’ai appris tout ce que je sais. Avec le directeur aussi, qui était quand même pas mal. Jean Typhagne était quelqu’un de plus traditionnel. Il avait fait ses études dans les grands ateliers à Paris. »
De quelle manière s’est poursuivie votre carrière professionnelle ?
« Les Beaux-Arts, c’était bien mais ils ne payaient pas pendant les vacances : cela s’arrêtait en juin et il fallait attendre octobre pour retoucher un salaire. Je suis parti et j’ai bossé dans plein de trucs, surtout dans le domaine de l’imprimerie et la sérigraphie. J’ai fait une carrière de graphiste publicitaire. On s’est déplacé en France au gré des mutations professionnelles de ma femme. »
Et côté peinture ?
« J’ai fait mon petit parcours tout seul. J’ai arrêté les grands salons car, si cela fait bien sûr un CV, quand vous faites le bilan vous vous apercevez que vous vous retrouvez avec 30 ou 50 peintres ayant 5 ou 6 toiles chacun et personne ne vous remarque. Les gens passent sans vous parler. On peut rencontrer d’autres peintres mais c’est beaucoup moins convivial que dans les petits salons où j’expose maintenant. Après Ancenis en juillet, je dois exposer à Cherbourg au mois d’octobre. »
Qu’appréciez-vous dans le Haut-Anjou ?
« On s’y trouve bien. On apprécie le calme, le climat. On a été accueilli par des gens hyper sympas. On a beaucoup aimé Angers qu’on ne connaissait pas du tout. Il faudrait vraiment des événements graves pour qu’on soit obligé de partir. »