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Cession d’une ferme en Anjou : 350 personnes défilent à Angers, une banderole déployée au château... |
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Des manifestants ont déployé une banderole sur le château d'Angers en soutien aux jeunes agriculteurs dont le projet d'installation à Denée a été rejeté par la Safer. On peut y lire « Que tombent les seigneurs FNSEA-Safer, pas de paysan(ne)s sans terres ! » © Ouest-France
Après réexamen du dossier de l’exploitation de la ferme des Joncs, à Denée, près d’Angers (Maine-et-Loire), la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) a confirmé, mardi 26 novembre 2024, sa décision. L’exploitation est confiée à des agriculteurs voisins déjà installés et non pas au trio de jeunes agriculteurs qui projetaient de s’installer en agriculture biologique. Une manifestation est organisée ce samedi 30 novembre, à Angers, par la Confédération paysanne.
Quelque 350 personnes et sept tracteurs se sont rassemblés devant le tribunal d’Angers (Maine-et-Loire) à partir de 10 h, ce samedi 30 novembre. Cette manifestation fait suite à un appel de la Confédération paysanne lancé après la décision prise par la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer), mardi 26 novembre.
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L’organisme a confirmé qu’elle confiait la majeure partie de l’exploitation de la ferme des Joncs, située à Denée (Maine-et-Loire), à des agriculteurs déjà installés au détriment de trois jeunes qui projetaient de se lancer en agriculture biologique.

La Confédération paysanne organise un rassemblement à Angers ce samedi 30 novembre 2024 en réaction à la décision de la Safer de confier l'exploitation d'une ferme à des agriculteurs déjà installés au détriment de jeunes qui souhaitaient s'installer en agriculture biologique. Ouest-France
Devant le tribunal, les jeunes porteurs du projet rejeté par la Safer, qui étaient quatre à l’origine, ont évoqué « une injustice ». Ils estiment que la Safer a « méprisé une fois de plus [leur] projet ». Pour eux, elle « ose se passer de trois installations et démembre sciemment un corps de ferme ».
De son côté, la Confédération paysanne de Maine-et-Loire veut encore être optimiste. « La Safer a encore aujourd’hui toutes les cartes en main pour satisfaire propriétaires, cédants et candidats à l’installation », assure Alain Guiffes, co-porte-parole du mouvement.
« La Safer est un très bon outil, il est juste très mal utilisé »

Les manifestants ont défilé ce samedi 30 novembre entre le tribunal et le château d'Angers pour afficher leur soutien aux jeunes agriculteurs dont le projet d'installation a été rejeté par la Safer. Ouest-France
Peu après 11 h, le cortège mené par un tracteur s’est élancé dans les rues d’Angers. Arrivé au château, des manifestants ont déployé une banderole sur l’une des tours de l’édifice. On peut y lire : « Que tombent les seigneurs FNSEA-Safer, pas de paysan(ne)s sans terres ! »

Pour Loïc Livenais, « la Safer est un très bon outil, il est juste très mal utilisé ». Ouest-France
Là, Loïc Livenais, de la Confédération paysanne, a assuré que « tous les leviers n’ont pas été activés dans ce dossier. Nous, ce qu’on veut, c’est de la résilience, de l’autonomie ». Celui qui siège également à la Safer assure que « la Safer est un très bon outil, il est juste très mal utilisé ». Loïc Livenais en veut pour preuve que des problèmes similaires se posent en Mayenne et en Sarthe.