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Bruno Retailleau, candidat à l’Élysée « par devoir » : à droite, une rude concurrence face à lui... |
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Bruno Retailleau certifie vouloir être président de la République « par sens du devoir ». © Simon Torlotin / Ouest-France
Après Xavier Bertrand et David Lisnard, et avant d’autres postulants LR, le Vendéen entre en lice pour la présidentielle. Une primaire aura lieu à droite, mais son périmètre reste incertain.
La fin d’un faux suspense, déjà éventé depuis plusieurs semaines. Bruno Retailleau, 65 ans, est, désormais, candidat à l’élection présidentielle de 2027. Il l’a annoncé ce jeudi 12 février, d’abord en fin d’après-midi sur les réseaux sociaux, puis au 20 h de TF1, selon un plan de communication bien huilé. Dans un message adressé auparavant aux élus de son parti Les Républicains, qu’il préside depuis neuf mois, le sénateur vendéen explique avoir « mûri cette décision ». Une lente maturation, amorcée dès 2019 dans son livre Refondation, alors qu’il animait le groupe LR au palais du Luxembourg.
« Un nouveau chemin »
Son année au ministère de l’Intérieur a forcément accéléré son cheminement. « Ce fut un honneur de servir les Français », confiait-il à Ouest-France à la fin décembre. L’heure est donc venue « d’indiquer un nouveau chemin à mes compatriotes, insiste Bruno Retailleau. Je refuse de laisser notre pays dans l’État où il se trouve. Une France qui s’enfonce, qui s’efface, dans un monde de plus en plus menaçant ».
Certifiant vouloir être président de la République « par sens du devoir », l’élu vendéen affiche comme priorités le rétablissement de l’ordre et « de la fierté française », la lutte contre l’immigration, la primauté du travail sur l’assistanat, ou encore la refonte de l’école dont « l’échec est une honte », martèle-t-il. « Comme on ne doit plus gouverner contre le peuple », le candidat promet aussi d’organiser plusieurs référendums « dès mon élection », sur la maîtrise de l’immigration, la réforme de la justice…
Quelle primaire ?
À un mois des municipales, durant lesquelles son parti jouera gros, le calendrier de cette annonce de candidature peut surprendre. Après avoir fait imploser le premier gouvernement de Sébastien Lecornu il y a quatre mois, l’ancien premier flic de France est progressivement sorti des radars. Une cure médiatique à laquelle il entend mettre fin. Il va, désormais, battre la campagne, à l’intérieur de son parti déjà labouré par Xavier Bertrand et David Lisnard, voire dans le champ voisin d’Edouard Philippe, Gérald Darmanin et Gabriel Attal.
D’autres prétendants, comme Laurent Wauquiez, pourraient encore se déclarer prochainement. Face à cette concurrence, le désormais « chef de parti-candidat à la candidature » devra déterminer un mode de sélection en interne pour n’avoir, au final, qu’un seul LR à se présenter aux suffrages des Français : une primaire largement ouverte à droite ? Une primaire interne au parti ? Une autre voie ? Le parti arrêtera son choix au printemps, avant de le soumettre aux militants.
« Droiture et intégrité »
Pour Alain Leboeuf, le président LR du Département de la Vendée, la candidature de Bruno Retailleau « est la suite logique d’un engagement de long terme. J’apprécie sa droiture et son intégrité. {Il a] une expression vraie. Il connaît la France d’en bas et c’est une chance pour le pays ». Un avis pas du tout partagé par le Rassemblement national, dénonçant « un ministre des paroles, pas des actes ». Pour son premier jour de campagne, le Vendéen sera, ce vendredi, dans son département, dans une commune touchée par les inondations.