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Assurance habitation : les sinistres climatiques dopent les prix et les exclusions de garanties... |
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Les fissures profondes se multiplient sur le côté droit de la maison secondaire de Jean-Yves Bourcereau © OUEST FRANCE
L’UFC-Que choisir alerte sur les conséquences des événements climatiques sur le montant des primes et la survie du principe de mutualisation des risques en France.
Dans les prévisions pour l’année 2026, les experts prévoient depuis septembre dernier une augmentation de la prime d’assurance habitation. Le comparateur Assurland la chiffre autour de 7 %, sachant qu’en 2025, le prix moyen de l’assurance habitation en France est de 274 €. Mais les choses pourraient s’aggraver selon l’UFC-Que choisir qui alerte ce mardi « sur un système sous tension et appelle à une réforme urgente du modèle assurantiel ». Autrement dit : « le climat fait flamber les primes et menace l’assurabilité de certains territoires », précise l’association de défense des consommateurs dans un communiqué.
En 2024, les événements climatiques (tempêtes, grêles, inondations, sécheresses…) ont coûté 5 milliards d’euros aux assureurs français, plaçant l’année au 9? rang des plus coûteuses depuis la création du régime « CatNat », pour catastrophes naturelles en 1982. La Caisse Centrale de Réassurance (CCR) prévoit de son côté un doublement des sinistres liés au climat d’ici 2050, et une hausse des coûts de sécheresse multipliée par trois pour atteindre 43 milliards d’euros cumulés (période 2020-2050).
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Des niveaux de franchises multipliés par 4
Or, ce régime « CatNat » est déjà financé par une surprime de 20 % sur les contrats d’assurance habitation et couvre la quasi-totalité des logements assurés en France. Près de 98 % des résidences principales disposent d’un contrat MRH (multirisque habitation) incluant la garantie « CatNat », selon l’UFC-Que choisir. « Face à la multiplication des sinistres, la surprime “CatNat” est passée de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025, renchérissant mécaniquement la prime MRH, souligne l’association. Le tout, sans amélioration des garanties ni davantage de transparence pour les assurés. »
En effet, les franchises et exclusions de garanties se multiplient. La « franchise légale de 380 € est portée à 1 520 € en cas de sécheresse », dénonce l’UFC ou encore l’ajout de « clauses d’exclusion de plus en plus fréquentes, souvent floues, opposées pour “défaut d’entretien” ou pour des dépendances jugées non “clos et couverts”, qui privent les assurés d’indemnisation malgré des dommages manifestes. »
Face à l’urgence climatique et à la dérive des coûts, l’UFC-Que Choisir appelle notamment à une « obligation pour les assureurs opérant à l’échelle nationale de proposer une assurance habitation à tous les ménages, quel que soit le lieu d’habitation » et à un « raccourcissement des délais d’indemnisation » après un sinistre.