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Angers. Shit & Co : après les dealers, les « pâtissiers » condamnés à leur tour... |
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Les cinq complices ont été condamnés à des peines de prison avec sursis. © Archives CO
Quatre dealers avaient été condamnés en avril. Cinq complices ont été jugés lundi 17 juin, notamment pour avoir confectionné des pâtisseries à base de cannabis.
Une enquête de la Sûreté départementale a mis au jour en novembre un trafic de stupéfiants à Angers. Baptisé Shit & Co, le groupe utilisait le réseau Snapchat, de janvier 2018 à janvier 2019, et se vantait d’avoir séduit 1 400 clients à Angers, grâce à un système de cartes de fidélité. Le fondateur, Karel Marty, 20 ans, a été condamné le 24 avril à 36 mois de prison dont 12 avec sursis. Son oncle à 18 mois ferme. Le gérant du réseau à 24 mois dont six avec sursis. Et la nourrice à 12 mois dont six avec sursis.
« Des seconds couteaux »
Cinq autres complices étaient devant le tribunal lundi 17 juin : Anaïs, 19 ans, Tiffany, 20 ans, Jessica, 29 ans, Gabriel, 18 ans et Wylnack, 20 ans. L’une avait prêté sa cave. L’autre son appartement, boulevard Foch. Elle y vendait du shit et de la cocaïne, et des space cakes, des gâteaux fourrés aux psychotropes. Gabriel en confectionnait 30 par semaine, pour 100 euros. Il était payé « même quand ils n’étaient pas vendus »
. Sa copine Anaïs aidait pour les livraisons. « C’était de l’argent facile. »
« Ce sont des seconds couteaux. Les gérants ont profité de la souffrance et de la fragilité des consommateurs qu’ils ont recrutés »
, note Me Stéphane Tanguy, pour Tiffany. « Elle a perdu son papa et s’est mise à consommer cette année-là. »
Une autre venait de perdre son emploi.
Une véritable entreprise
La défense minimise le rôle de chacun. « Aucune cagoule n’a été retrouvée chez elle. Aucune carte de fidélité. Ni chez elle, ni dans sa cave »
, assure Me Antoine Ceccaldi, du barreau de Marseille, qui plaide la relaxe pour Jessica. Me Clara Tronchet souligne l’immaturité de Gabriel. Me Romaric Raymond, pour Anaïs, relève la grande jeunesse des « pâtissiers »
.
Carol Dugast, pour le ministère public, retrace « la mécanique extrêmement performante »
du réseau, le nombre de clients qui avoisinait plutôt les 3 000 et les dizaines de milliers d’euros brassés par cette « entreprise »
: 40 000 euros par mois. La procureure-adjointe requiert des peines de prison avec sursis. Le tribunal la suit quasiment à la lettre : cinq mois pour Gabriel, trois mois pour Tiffany, deux pour Anaïs et Wylnack et un pour Jessica.
Philippe RUBION