|
Angers. Patrick Barbier fait une déclaration d’amour au baroque dans son nouveau livre... |
1
Angers. Patrick Barbier fait une déclaration d’amour au baroque dans son nouveau livre
Patrick Barbier, ancien professeur de l’Université catholique de l’Ouest, publie un dictionnaire. « Pour l’amour du baroque » montre les retombées du baroque dans le cinéma, la joaillerie ou l’art contemporain.
Comment vous est venue l’idée d’écrire ce dictionnaire « Pour l’amour du baroque » ?
Patrick Barbier, musicologue : « Après treize ouvrages plus traditionnels (essais ou biographies), j’ai eu envie de livrer tous mes coups de cœur, mes passions, depuis près de quarante ans que je cours l’Europe pour découvrir toutes les merveilles de cet art. C’était aussi un moyen de donner des clés de compréhension à ceux qui cherchent à mieux connaître ce courant artistique. Enfin cela me permet de répondre à une foule de questions que l’on me pose depuis des années. La forme d’un « dictionnaire amoureux » permet d’apporter toutes ces réponses. »
Qu’apportez-vous au baroque ?
« La grande nouveauté de ce livre est que je ne parle pas que de musique mais aussi de sculpture, d’architecture, de la société et de la religion des XVIIe et XVIIIe siècles. Toute la difficulté est d’expliquer clairement un art et une musique qui, à l’époque, n’avaient pas conscience d’être « baroques ». Ils sont l’expression d’une sensibilité nouvelle mais aussi d’un bouleversement des mentalités qui s’opèrent au XVIIe siècle et se prolongent au XVIIIe. C’est notre époque moderne qui leur a attribué le qualificatif de baroque. »
Ce livre rend aussi hommage au professeur Dominique Fernandez ?
« Aujourd’hui académicien français, il m’a formé, m’a lancé sur la piste des castrats, m’a ouvert des horizons infinis grâce à ses essais sur le baroque. Il continue de diriger mes livres chez Grasset. Je lui devais un hommage personnel. »
Parmi les anecdotes, pouvez-vous nous raconter l’origine de la cantate du café de Bach ?
« Bach s’amusait de voir la passion des habitants de Leipzig pour le café, et notamment des femmes qui n’étaient pas très bien considérées si elles prenaient cette boisson, plutôt réservée aux hommes. Il a eu l’idée d’une cantate originale, qui est comme un petit opéra-bouffe, où une jeune femme assume sa passion du café, contre l’avis de son père, et dit qu’elle ne se mariera qu’avec un homme qui lui permettra de boire du café. Un Bach léger, plutôt inattendu ! »
Quel est le mot que vous préférez dans votre dictionnaire et pourquoi ?
« J’ai eu plaisir à parler de la Diavolata, cette fête qui a lieu chaque année le jour de Pâques dans un village de Sicile. Depuis 1750, on y joue le même drame sacré devant des foules de gens. C’est un peu comme si le baroque survivait parmi nous aujourd’hui. Je montre aussi dans ce livre les retombées du baroque dans le cinéma, la joaillerie ou les installations contemporaines. »
« Pour l’Amour du baroque » de Patrick Barbier. Grasset. 19 €.