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Angers. « On n’est pas dans les clous » : pourquoi Joël Bigot a voté contre le projet de loi Climat... |
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Une marche pour le climat, à Nantes, en septembre 2019. Le projet de loi Climat ne répond pas à l’urgence, selon le sénateur du Maine-et-Loire Joël Bigot (PS). ? © Archives Franck Dubray
Le sénateur socialiste du Maine-et-Loire faisait partie de la commission mixte paritaire, composée de sept députés et sept sénateurs, qui a trouvé un accord ce mardi 13 juillet vers 1 h du matin. Il explique pourquoi ce texte manque selon lui d’ambition.
Petite nuit pour Joël Bigot, sénateur socialiste du Maine-et-Loire. La commission mixte paritaire (sept sénateurs et sept députés) dont il faisait partie a terminé ses discussions autour du projet de loi Climat à 1 h du matin ce mardi 13 juillet. Un accord a été trouvé, mais lui et l’autre sénateur ont voté contre. Explications.
Vous attendiez-vous à ce que les discussions de la commission mixte paritaire durent jusqu’à 1 h du matin ?
C’est vrai, nous n’étions pas préparés à ça. C’est assez rare qu’une commission mixte paritaire dure neuf heures. Surtout, nous n’en connaissions pas l’issue : il a fallu trouver un accord qui n’était pas écrit à l’avance. Mais nous avons vite compris que la majorité à l’Assemblée nationale, LREM, et celle du Sénat, LR, avaient implicitement convenu d’un accord.

Joël Bigot, sénateur socialiste du Maine-et-Loire, faisait partie de la commission mixte paritaire sur le projet de loi Climat. Archives
Sur quels sujets cela a-t-il été le plus compliqué ?
Il y avait des points d’achoppement très durs. Nous avons examiné 351 articles, dont une trentaine faisaient débat et nécessitaient des interruptions de séance. L’extension des zones à faibles émissions aux grandes agglomérations : certaines villes demandent des délais, comme Marseille. En passant, certains points de discussion concernaient des amendements déposés par le PS, comme le prêt à taux zéro pour l’achat d’un véhicule électrique.
Les ONG dénoncent le manque d’ambition du texte. Pour vous, qui avez voté contre, ce n’est qu’une étape ?
Nous ne sommes pas dans les clous, il suffit de se référer aux analyses du GIEC (Groupe d’experts intergouvernementaux du climat). Il faut aujourd’hui s’attacher à produire et consommer différemment, mais on y va sur la pointe des pieds. Ce texte n’affiche pas de trajectoire, ni de contraintes. Le « délit » d’écocide y est reconnu, mais par le « crime », comme le demandait la Convention citoyenne pour le climat. Après l’Accord de Paris, la France faisait figure de leader. Aujourd’hui, nous avons décroché. Il faudra remettre rapidement l’ouvrage sur le métier.