Accueil Info Info en continu Angers. Mort après un passage aux urgences : « Ils n’ont pas voulu attendre »

Angers. Mort après un passage aux urgences : « Ils n’ont pas voulu attendre »

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photo angers, chu, 18 juin 2019. ce drame survient dans le contexte de crise que traversent les services d’urgences. le pr lasocki, responsable du pôle des urgences du chu d’angers, a répondu aux questions des médias locaux et nationaux en réfutant l’hypothèse d’un dysfonctionnement. © photo co anthony pasco 2

Angers, CHU, 18 juin 2019. Ce drame survient dans le contexte de crise que traversent les services d’urgences. Le Pr Lasocki, responsable du pôle des urgences du CHU d’Angers, a répondu aux questions des médias locaux et nationaux en réfutant l’hypothèse d’un dysfonctionnement. © Photo CO Anthony PASCO

Montrée du doigt par les syndicats, la direction du CHU s’est expliquée devant les caméras sur le décès d’un homme, trois jours plus tôt, après son départ du service des urgences.

Que s’est-il passé samedi soir ?

L’homme qui est décédé samedi sur le parking de la Clinique de l’Anjou, officiellement à 20 h 40, s’était d’abord présenté aux urgences du CHU d’Angers, à 19 h 31 précises.

Quatre minutes plus tard, comme le veut la procédure pour tous les patients qui arrivent « debout », et non sur un brancard, il s’est d’abord enregistré auprès de l’agent chargée des admissions, sans vouloir répondre à son interrogatoire.

Le proche qui l’accompagnait a manifesté la même impatience, au point d’appeler le Samu entre 19 h 39 et 19 h 42. Malgré la demande du régulateur de rester sur place, ces visiteurs ont préféré quitter les lieux à 19 h 47 pour rejoindre la Clinique de l’Anjou, distante d’une quinzaine de minutes en voiture.

Quand il est arrivé dans le quartier Orgemont, le passager était déjà en arrêt cardiorespiratoire. Malgré 40 minutes d’effort, les urgentistes de la clinique ne sont pas parvenus à le réanimer.

La prise en charge a-t-elle trop tardé ?

« Les médias évoquent parfois des temps d’attente de 8 heures dans les services d’urgences. On n’est pas du tout dans ce cas de figure », corrige Sébastien Tréguenard, le directeur adjoint du CHU qui s’exprimait hier en l’absence de sa directrice générale.

« Le patient a passé moins de 12 minutes dans le sas d’accueil » , confirme le Pr Sigismond Lasocki, « alors que le délai de prise en charge entre l’arrivée aux urgences et l’entretien avec l’infirmière d’orientation est en général de 15 à 20 minutes ». Le chef du Pôle ASUR (Anesthésie, Samu, Urgences et Réanimation) est formel : « On était dans un schéma d’activité strictement normal. Le flux de passages était moins élevé que la moyenne (142 samedi contre 150 à 200 habituellement). Le stress, qu’on peut comprendre, a malheureusement fait qu’ils n’ont pas voulu attendre plus longtemps. Dans la panique, on fait parfois des choses irraisonnables », regrette l’anesthésiste.

L’effectif soignant était-il suffisant ?

« Cet événement se produit dans un contexte de manque d’effectif dénoncé depuis de nombreux mois », ont dénoncé les syndicats, lundi soir, en révélant le drame.

« C’est un métier difficile. Cette situation nous affecte. C’est vraiment malsain de mettre ça en avant », leur a répondu le Pr Lasocki, les larmes aux yeux lors de cette conférence de presse.

Les deux infirmières d’accueil étaient bien en poste ce soir-là, affirme le médecin, mais l’une d’elles, profitant de la faible affluence, avait été momentanément détachée à faire des soins dans une autre unité des urgences. « Ce jour-là, tous les arrêts étaient remplacés », dit-il.

Le patient était-il en détresse vitale ?

La version de la direction n’a pas changé : le patient est arrivé à pied, accompagné d’un membre de sa famille, sans être soutenu ni signe de gravité. Il est reparti de la même manière, sans prévenir, au moment où son tour était venu.

« Il se plaignait du cœur mais ce qu’il décrivait n’était pas très clair. Il aurait aussi pu s’agir de simples nausées. Il est parti tellement vite qu’on n’a pas eu le temps d’enregistrer tous ses symptômes », rapporte le chef de pôle.

Quelle leçon retenir de ce drame ?

S’il est un message à faire passer, conclut le Pr Pierre-Marie Roy, c’est « la nécessité, dans une situation aiguë de ce type, d’appeler le Samu qui va envoyer une ambulance et administrer les premiers soins médicaux sur place », explique le chef des urgences. « Si vous vous sentez particulièrement mal, appelez le 15 et on va très vite venir à vous. Ce sera beaucoup plus rapide plutôt que de faire des sauts de puce », confirme le Pr Lasocki.

Comment réagit la famille ?

Le directeur adjoint s’est paradoxalement fait l’avocat de la famille endeuillée : « Elle souhaite la plus grande discrétion dans cette affaire. Autant dire qu’elle est très choquée par la médiatisation qui en est faite, à cause de l’instrumentalisation des organisations syndicales (FO, Sud et CGT, N.D.L.R.) à des fins de pression dans le cadre des revendications en cours. Je trouve ça totalement indécent ».

Aucune plainte n’a été déposée à ce jour mais ce décès survenu sur la voie publique, sans cause évidente, a fait l’objet d’un signalement des médecins de la Clinique de l’Anjou et déclenché une enquête de police.

 
Courrier de l'Ouest  

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