Accueil Info Info en continu Angers. L’entretien avec Cécile Jaglin-Grimonprez, directrice du CHU

Angers. L’entretien avec Cécile Jaglin-Grimonprez, directrice du CHU

...
photo cécile jaglin-grimonprez, directrice générale du chu : « la modernisation de l’hôpital nous oblige à penser différemment. » © ouest-france 1

Cécile Jaglin-Grimonprez, directrice générale du CHU : « La modernisation de l’hôpital nous oblige à penser différemment. » © Ouest-France

Cécile Jaglin-Grimonprez a été nommée directrice du centre hospitalier universitaire angevin il y a cinq mois. Elle revient sur les grandes lignes de son projet et tente de désamorcer la fronde syndicale.

Entretien

Cécile Jaglin-Grimonprez, directrice générale du CHU d’Angers depuis octobre 2017.

Vous avez été nommée à la tête de l’hôpital d’Angers à l’âge de 49 ans. Est-ce une fonction qui, en France, parvient à se féminiser ?Sur les 32 centres hospitaliers universitaires que compte le territoire, un tiers est dirigé par des femmes. C’est une promotion qui leur est légèrement réservée, mais elles restent minoritaires. Il ne s’agit pas de discrimination. C’est surtout qu’il y a moins de candidatures de femmes pour ces fonctions.

Cela fait 22 ans que vous avez commencé votre carrière hospitalière. Qu’est-ce qui l’a façonnée ?Originaire de Guérande, j’ai été formée au lycée Clemenceau de Nantes, puis à Bordeaux en suivant Sciences Po. C’est là, en 1990, que j’ai pris le virage de la santé, impressionnée par l’intervention du directeur de l’hôpital Saint-André. L’intérêt que j’ai eu pour la fonction, c’est de mélanger le management à une utilité sociale. La notion de service public a un impact direct sur la vie des gens. À l’époque, j’avais un tropisme particulier pour les hôpitaux d’enfants, rares dans les années 1990. J’ai ensuite débuté au CHU de Rouen. J’y ai découvert le prisme de la masse de projets médicaux, responsable de la délégation à la recherche clinique.

Puis, vous reprenez les études…J’ai entrepris un DEA dédié au CHU et à la recherche, à l’aide des outils de la sociologie. Cela donne à réfléchir sur les soins et la façon de les faire évoluer. J’ai ensuite intégré le ministère de la Santé pendant quatre ans et travaillé sur l’accréditation des CHU et la mise en place des réseaux de santé. Puis, de 2004 à 2014, j’ai conduit le projet « île de Nantes », regroupant les deux sites principaux au sein d’un campus hospitalo-universitaire en centre-ville.

Votre arrivée à Angers est-elle liée à vos fonctions au sein du Groupement des hôpitaux universitaires du Grand Ouest ?C’est surtout sous l’impulsion de Yann Bubien, à l’époque directeur général du site d’Angers, que j’ai commencé à participer à la vie de l’équipe de direction. J’ai appris à aimer ce lieu. Un site de taille moyenne, humain, dans un seul endroit.

Comment définir les répercussions du CHU sur la vie angevine ?Nous participons à la vie économique de la ville. Si l’on s’en tient aux salaires, une étude montre qu’à chaque fois qu’on dépense un euro pour le CHU, cela rapporte deux euros au territoire. Les projets de nos médecins sont étroitement liés aux start-up locales, comme celles qui s’occupent de montres connectées pour des massages cardiaques, ou les vélos connectés à destination des personnes âgées.

Plus largement, quel regard portez-vous sur le réseau hospitalier en Maine-et-Loire ?Il est assez dense. Historiquement, ici, les hôpitaux ou les maisons de retraite ont été créés autour ou au sein de communautés religieuses. Aujourd’hui, faire fonctionner une structure en dessous de 100 lits impose trop de charges financières. Il faut bien se positionner par rapport aux besoins. Mais chaque établissement a son histoire.

Particulièrement à l’hôpital d’Angers ?L’aspect pavillonnaire et les capacités du campus n’empêchent pas un certain manque de souplesse. Chaque pavillon a ses propres unités, ses équipes. Il manque de la place pour des disciplines en extension comme la cardiologie. Le site de Larrey est en saturation et la liste d’attente est trop importante. Nous sommes en train de réfléchir à la façon de redéployer l’activité. Par contre, en dermatologie, on a moins besoin de lits. Les médecins du service apportent leur expertise dans tout l’hôpital.

Vous êtes arrivée à Angers pour y trouver une situation financière délicate. Votre sentiment ?Depuis les premiers déficits dans les CHU, en 2010, on a tendance à se comparer plus qu’avant. Mais nous sommes à période difficile, même s’il existe une marge de manœuvre que j’estime suffisante pour revenir à l’équilibre grâce à notre plan d’économies. Il nous faut d’abord redynamiser l’activité qui connaît un tassement en ambulatoire et en conventionnel (au moins une nuit à l’hôpital).

Pourquoi selon vous ?Ce n’est pas à cause de concurrents locaux car le secteur privé connaît le même phénomène. L’évolution démographique est bonne, malgré la baisse de la natalité (3 912 en 2017 contre 4 012 l’année précédente). Maintenant, il y a une augmentation d’activité en Loire-Atlantique et la concurrence de la polyclinique de Cholet, sans compter, peut-être, la fuite de patients à cause des délais d’attente. Mais, on a les atouts pour changer cette tendance.

Et ce déficit, comment lutter contre ?Nous disposons d’un budget de 518 millions d’euros. Mais nos tarifs baissent, avec moins 1 % l’année dernière, avec une durée moyenne de séjour de cinq jours et demi. Cette année, il y aura une diminution de la masse salariale, dont je ne peux vous donner le chiffre aujourd’hui. Mais on prévoit 6 millions d’économie sur cette masse, pas uniquement sur les suppressions de postes, d’ailleurs. On va créer par exemple des équipes supports pour aider les infirmières et les aides-soignantes, dans le cadre de notre politique de redéploiement et de requalification.

Comment définir le climat social au CHU ?Le dialogue est permanent. Je visite chaque service et suis sensible aux messages, ici ou là. J’ai moi-même un message clair. On doit revenir à l’équilibre et offrir nos services à la population grâce à l’argent dont on dispose.

 
Benoît ROBERT   Ouest-France  

  • merci d'indiquer un nom de film
    merci d'indiquer un titre'
    • Choisir un resto :
    merci d'indiquer un nom de restaurant

    merci de saisir l'adresse du restaurant
    merci de saisir la ville du restaurant

    • Choisir un bar :
    merci d'indiquer un nom de bar

    merci de saisir l'adresse du bar
    merci de saisir la ville du bar

    merci d'indiquer un titre à votre avis
  •  
  • merci d'indiquer un contenu à votre avis
    merci de saisir une note
    L'accueil / la qualité du service
    merci d'indiquer une note pour l'accueil

    L'ambiance / le décor

    merci d'indiquer une note pour l'ambiance

    Le rapport qualité / prix

    merci d'indiquer une note pour le prix
  • Vos données personnelles font l’objet d’un traitement informatique par la société Additi Multimedia, sur le fondement de l'exécution d'un contrat et sont utilisées notamment pour prendre en compte, modérer et répondre à vos commentaires sur les contenus mis en ligne sur le site. Elles seront conservées conformément à notre politique de données personnelles, sauf dispositions légales particulières. Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’opposition, de limitation et de portabilité, en vous adressant directement à pdp@sipa.ouest-france.fr ou par courrier à "Délégué à la Protection des Données Personnelles SIPA Additi Multimedia - ZI Rennes Sud-Est,– 10 rue du Breil – 35051 Rennes cedex 9". Vous avez également le droit d’introduire une réclamation auprès de la CNIL. En savoir plus
Newsletter maville

Abonnez-vous à la newsletter - Angers

Votre e-mail, avec votre consentement, est utilisé par la société Additi Com pour recevoir les newsletters sélectionnées. En savoir plus

Exprimez-vous !

Débat. Taxe sur les petits colis : êtes-vous pour ou contre ? 23
Réagir

L'info en continu

Quiz et jeux

Retour en haut