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Angers. Gilles Perret et François Ruffin donnent la parole aux femmes invisibles... |
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Angers, vendredi 1er octobre 2021. Gilles Perret, coréalisateur du documentaire « Debout les femmes » l’a présenté en avant-première au cinéma Les 400 Coups. © CO
Le réalisateur Gilles Perret a présenté à Angers son nouveau documentaire « Debout les femmes » réalisé avec le député François Ruffin. On y suit le quotidien de celles qui nettoient les bureaux, s’occupent d’enfants handicapés ou de personnes âgées.
C’est une conversation à visage couvert, la caméra braquée sur la moquette des bureaux des députés. François Ruffin discute avec Jeannette, femme de ménage à l’Assemblée nationale. L’Assemblée nationale, ça fait prestigieux quand cette femme d’origine africaine en parle à son entourage. Pourtant, Jeannette, comme ses collègues, ne bénéficie d’aucun avantage à travailler sous les ors de la République. Elle est employée par un sous-traitant qui paie au Smic des heures décalées, une journée morcelée.
Le député de la France Insoumise a déjà parlé de ces femmes dans un de ses discours à l’Assemblée Nationale. Avec son complice de tournage Gilles Perret (« Merci patron ! » et « J’veux du soleil »), il s’est mis en quête de toutes ces invisibles devenues essentielles le temps d’un confinement sanitaire et d’un discours présidentiel.
Une mission parlementaire avec un député LREM
Chargé d’une mission parlementaire sur le sujet avec un député de la République en Marche (Bruno Bonnell, très libéral mais plein de bonne volonté), l’élu auditionne des agents embauchés par leur ville, des accompagnants d’élèves en situation de handicap, des aides ménagères, des agents de nettoyage de l’hôpital d’Amiens…
François m’a demandé de le suivre dans cette mission parlementaire sur les métiers du lien qui a été perturbée par l’arrivée du Covid et du confinement
, raconte le réalisateur Gilles Perret. Nous n’avons pas vraiment fait de repérage. On commence par un maire communiste qui témoigne avoir fait un choix politique courageux de municipaliser le service des aides à domicile en se disant que la précarité ça coûte cher
.
Un exemple isolé en France. Partout ailleurs, les deux députés LFI et LREM entendent à peu près les mêmes témoignages : les temps partiels morcelés subis, la course permanente qui empêche de vraiment prendre soin des personnes fragiles.
« Il n’a pas réussi à faire quoi que ce soit »
Sans Bruno Bonnell, on ne faisait pas le film
, concède Gilles Perret qui en fait un vrai personnage. Il croit sincèrement que la mission va pouvoir améliorer les conditions de travail de ces femmes car il a été personnellement touché par ce problème
.
Avec François Ruffin, il défend une série de mesures pour améliorer les choses devant ses collègues de l’assemblée : Il pensait être influent mais, même lui qui est un député de premier plan de la majorité, il n’a pas réussi à faire quoi que ce soit.
Le réalisateur met en scène la litanie des amendements déposés par François Ruffin pour remettre du contenu dans leur proposition de loi : c’est drôle et pathétique voire tragique.
Pour redonner un peu d’espoir Gilles Perret termine son documentaire par une séquence de fiction : les femmes de ménage et aides constituent un parlement des femmes dans une assemblée. Les voix s’élèvent et chantent l’hymne du MLF comme un générique de fin.
Une mise en scène émouvante mais qui n’apporte pas grand-chose au propos dénonçant la situation de ces travailleuses du lien vivant pour la plupart avec moins de 900 € par mois.
« Debout les femmes » de Gilles Perret et François Ruffin actuellement au cinéma Les 400 Coups.