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Angers. Écologie : l’agglo entre en transition... |
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Angers. Écologie : l’agglo entre en transition
Le conseil communautaire a voté le premier volet de son plan pour la transition écologique. L’objectif est d’abord de réduire la consommation énergétique et de développer des modes de transports alternatifs (le vélo notamment) avant de se pencher sur la biodiversité et l’économie circulaire.
Tous les six mois, un nouveau chapitre. Le premier est officiellement ouvert depuis ce lundi soir et concerne une priorité : baisser la consommation d’énergie. Ici comme ailleurs, la préoccupation est d’abord de remplacer les énergies fossiles (pétrole et gaz) d’ici à 2030 (- 20 %) par des énergies alternatives (biogaz et solaire, + 32 %). Ce qui doit permettre dans le même temps une baisse très significative des gaz à effet de serre (- 33 %).
Une fois qu’on a dit ça, que faire ? Quelques exemples : remplacer les ampoules de l’éclairage public par des leds et l’équiper de capteurs pour qu’il fonctionne uniquement quand c’est nécessaire, remplacer les diesels polluants par des bus fonctionnant au GNV (gaz naturel pour véhicules, issu de la méthanisation), améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments ou faciliter l’usage du vélo (lire par ailleurs).
Avant d’ouvrir le débat, Christophe Béchu prend les devants. Vante l’augmentation de 20 % de la fréquentation dans les transports en commun. Rappelle que la collectivité vend chaque mois pour 100 000 € de biogaz qui brûlait jusqu’alors sur une torchère. Se félicite que la chaufferie biomasse profite à 5 000 habitants de Belle-Beille et que celle de Monplaisir fonctionnera bientôt.
Pour Gilles Mahé, pourtant, le compte n’y est pas. « Nous proposerons une abstention vigilante
», dit-il. « Nous partageons sans ambiguïté les objectifs de ce plan, mais il ne nous paraît pas suffisant
». Le coup de pied de l’âne n’est pas loin. « Nous nous étonnions de ne rien voir venir sur ce sujet depuis 2014 et nous espérons que ce repositionnement n’est pas dû à la proximité des élections municipales. Que ce n’est pas que de l’affichage et un coup de com
’».
Passe d’armes angevino-angevine
Lancé comme un camion sur une voie rapide, l’élu d’opposition appuie sur le champignon : « Des paroles aux actes, on constate que la réappropriation de la Maine à Angers se traduit par le maintien de la balafre autoroutière, avec sa dalle de béton digne d’une réalisation pompidolienne
». Il revient sur le report de la deuxième ligne de tramway, sur l’instauration de la première heure gratuite dans les parkings de la ville, « un mauvais signal
», déplore encore qu’« il n’y ait eu aucune extension du plateau piéton, ni de véritable politique cyclable
» et s’insurge contre « des abattages d’arbres sans commune mesure
» avec le chantier du tramway.
Les maires de l’agglo, Damien Coiffard (Mûrs-Erigné) et Franck Poquin (Saint-Léger-de-Linières) ont beau s’agacer de voir l’assemblée une nouvelle fois prise en otage par un débat angevino-angevin, Christophe Béchu ne résiste pas à l’envie de répondre à l’importun.
« Quand j’entends Gilles Mahé, je me demande si c’est vraiment le même que celui qui était en responsabilité il y a quelques années. Celui qui a validé 4 000 places de stationnement gratuites autour de l’Atoll. Qui nous a laissé une minéralisation absolue de la place du Ralliement et de la place Lorraine. Qui voulait raser toutes les haies du plateau des Capucins. Qui a voté toutes les subventions de soutien aux compagnies aériennes low cost qui se posaient à Marcé. Le même aussi qui a fait Biopole avec les 56 M€ qui nous auraient bien aidés à prendre des décisions radicales comme il les réclame aujourd’hui
».
La salve n’est pas terminée. « Nous avons investi 25 M€ dans les réseaux de chaleur, multiplié par six le parc de véhicules électriques et nous allons inaugurer la plus grande ferme photovoltaïque du Grand Ouest. Il y aurait une forme d’indécence à voter contre un plan qui prévoit beaucoup plus que ce que vous avez jamais fait quand vous étiez en responsabilité. Je ne vous laisserai pas caricaturer ce qu’a fait ce conseil sur ce sujet depuis 2014
».
Le ton est nettement plus mesuré pour répondre à Pierre Vernot, qui s’inquiète que l’énergie éolienne soit la grande absente de ce plan : « Je ne suis pas un grand fan de l’éolien, à vrai dire
», dit Christophe Béchu. « Il y a la question du démantèlement, qui n’est jamais abordée, l’impact visuel et aussi la faiblesse du potentiel éolien de notre territoire
».
Malgré ces réticences, 8 abstentions et 2 votes contre, ce plan de transition écologique a été adopté.