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Angers. Comment les bars vivent le départ des étudiants pendant l’été... |
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Mélina Toulon (à gauche) travaille au Wallaby’s-Australian Café depuis six mois. À ses côtés, Katell Guérinel, étudiante en droit. © CO
Ces jeunes vont bientôt quitter la ville. De quoi inquiéter les bars ? Responsables et employés racontent leurs étés.
Ce vendredi après-midi, les rayons du soleil ne chauffent pas encore comme en plein été mais l’air est doux et le ciel dégagé. Saucisson, apéritif… Louis, Marina, Maël, Amy, Kiljan et Sarah, étudiants à la chambre de commerce et d’industrie d’Angers, commencent le week-end avec allégresse, sur la terrasse du Wallaby’s – Australian Café. Leur repaire. « On vient ici tous les jours. Il y a une bonne ambiance. Mais on va aussi régulièrement dans trois ou quatre autres bars »,
lance Louis.
Autour de cette joyeuse bande, des dizaines de jeunes défilent le long du boulevard du Maréchal-Foch. « On voit qu’il y en a plus qu’avant dans le centre-ville, dans les bars tout autour »,
note Mani Saeidi, gérant du Bar du centre avec Arash Saeidi. Environ 40 000 étudiants ont fait leur rentrée à Angers, pour l’année scolaire 2018-2019. Un incontestable atout économique.
« 50 % de nos clients sont des étudiants »
« Les jeunes aiment sortir. Plus il y aura d’étudiants, plus on aura de chance d’augmenter un peu plus notre activité »,
indique Sali Nadifi, responsable du James Joyce, boulevard Carnot. « On peut considérer que 50 % de nos clients sont des étudiants »,
précise Hervé Guerinel, patron du Wallaby’s-Australian Café.
Mais, dans quelques semaines, voire quelques jours, la majorité d’entre eux feront leurs valises pour les vacances d’été. De quoi inquiéter les patrons de bars ? « Tout au long de l’année, on accueille pas mal de soirées étudiantes. La majorité de notre chiffre d’affaires s’étale sur les jeudi, vendredi et samedi,
explique Salim Nadifi. Il y a un peu moins de monde au moment des périodes de partiels et de vacances scolaires. »
Une clientèle diversifiée
Dans la rue des Poëliers, le rythme de vie des étudiants influence moins la fréquentation du Gainzbar. « On a une clientèle d’habitués et de jeunes actifs, mais beaucoup moins d’étudiants »,
indique Yoann Luszezinski, barman.
Pour le gérant du Bar du centre, avoir une clientèle diversifiée est essentiel. « On essaie de ne pas miser seulement sur les étudiants. Par exemple, on ne propose pas « d’happy hour »
(*). Je trouve que les étés à Angers sont moins calmes qu’auparavant. Il y a pas mal de touristes. »
« Ils vont beaucoup dans les guinguettes »
Certains établissements profitent de cette accalmie pour prendre des congés. Comme le Joker’s pub. « On fait une grosse partie de notre chiffre d’affaires pendant l’hiver. L’été, c’est plus calme : de nombreuses personnes sont en vacances. Les clients vont beaucoup dans les guinguettes, sur les bords de Maine,
raconte Chris, casquette grise et noire vissée sur la tête et barbe de quelques jours. On récupère des étudiants plus tard, quand elles ferment, sur les coups de minuit. »
La plupart des bars devront attendre le mois de septembre pour retrouver leur rythme de croisière. Avec le retour des vacanciers et des légendaires soirées étudiantes.
(*) Heure à laquelle les boissons sont moins chères dans un bar, généralement en début de soirée.