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Angers. Au salon Studyrama, la « guerre » entre tutorat et prépas en santé... |
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Angers, parc des Expo, le 22 janvier 2022. Etudiants en 2e année de médecine, Axel et Justine ont vanté les mérites du tutorat de leur association. © LAURENT COMBET
Le salon Studyrama des études supérieures, qui s’est tenu samedi, a donné lieu à un match entre l’association étudiante du Tutorat et les « prépas » privées à la première année d’études en santé.
Elle résume savoureusement cette petite « guerre »
des accompagnateurs de la difficile première année d’études en santé : Quitte à rater, autant que ça soit gratuit. Si tu te plantes, c’est quand même 4000 euros dans la pampa !
Solveig Le Berre, la présidente de l’association étudiante qui accompagne les élèves de première année PluriPASS et LAS, a le sens de la formule et l’égalité des chances chevillée au cœur. En troisième année de maïeutique, elle a plaidé pour son association lors d’une conférence sur les études de santé donnée à Studyrama par le professeur de l’Université d’Angers Erwan Autret et renseigné les familles sur le stand de la 2ATP. Les parents sont perdus. Ils font le tour des stands et des prépas privées. C’est important pour nous d’être là. On présente les avantages des uns et des autres et on insiste bien sur l’égalité des chances et sur le fait qu’on est vraiment au cœur de la Faculté de santé, en contact direct avec les professeurs
, confie la jeune femme.

Angers, parc des Expo, le 22 janvier 2022. Avec l’Ipsem, Prépa Défi est l’une des prépas privées présentes à Angers. LAURENT COMBET
« L’investissement financier d’une prépa est justifié »
Créée en 2003, soutenue par l’Université d’Angers et agréée par le ministère de l’Enseignement supérieur depuis 2015, l’association angevine du Tutorat Pass œuvre au soutien et au suivi des nouveaux. Pour une somme modique. Le pré-stage du mois d’août de la 2ATP coûte cinq euros quand les prépas en demandent quasiment 1000… Même si les contenus peuvent différer.
La centaine d’étudiants, tuteurs bénévoles de la 2ATP, la plupart en 2e et 3e années de médecine, pharmacie, maïeutique, kinésithérapie et odontologie, ont profité du dispositif eux aussi. C’est donc très facile pour eux d’en parler aux familles qui se pressent sur leur stand. Ce qu’ont fait tout au long du salon Axel et Justine, étudiants en 2e année de médecine à Angers. J’ai eu mon bac sans mention et je n’ai pas suivi de prépa privée mais si tu es motivée, assidue et travailleuse tu peux y arriver
, témoigne aux lycéens la Yonnaise Justine, 80e sur 850 au concours 2021. La prépa privée n’est surtout pas obligatoire. Pas besoin de payer cher pour réussir. Il ne faut pas hésiter
, estime Axel. Sans prépa, le Mayennais a pris la 31e place du concours de fin de première année au printemps dernier. Environ 50 % des étudiants reçus à l’issue de la première année en santé ont suivi le tutorat, l’autre moitié ayant suivi une prépa, certains ayant même bénéficié des deux accompagnements.

Angers, parc des Expo, le 22 janvier 2022. La présidente de la 2ATP Solveig Le Berre se livrant à un petit comparatif entre tutorat et prépa. LAURENT COMBET
De l’autre côté de l’allée, sur le stand de l’Ipsem qui a ses locaux avenue Marie-Tallet, pas question de dénigrer l’association étudiante du Tutorat. Tout en vantant les mérites d’une prépa. Yasmine, en 3e année de pharmacie et Marie, en 3e année de maïeutique, se sont pliées à l’exercice sans difficulté. Sans prépa, j’avais raté ma première année avant de la réussir avec une prépa. C’est une grosse aide. En première année, on a envie d’avoir toutes les aides possibles
, dit Marie. Oui, on peut réussir sans prépa mais une prépa, c’est aussi un soutien moral. On se sent entouré. L’investissement financier d’une prépa est justifié
, détaille Yasmine.
Venue pour sa fille Zoé, élève en terminale au lycée Jean-Moulin de Thouars, Gwendoline Doussaint a bien retenu le message. 4 000 euros, ce n’est pas gratuit. C’est même un sacré coût
, dit la maman avec les prospectus de Prépa Defi et de l’Ipsem dans les mains.