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Agroalimentaire : membre fondateur du géant volailler sarthois LDC, Gérard Chancereul est décédé... |
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Gérard Chancereul, ici en 2000, est décédé à l’âge de 85 ans. © Archives Ouest-France
Gérard Chancereul est décédé lundi 20 février 2023. Ce Mayennais d’origine était l’un des fondateurs du géant groupe volailler sarthois LDC, basé à Sablé-sur-Sarthe. Président du directoire entre 1984 et 2000, il fut aussi maire de sa commune, Miré (Maine-et-Loire), entre 1989 et 2001.
Le « C », de LDC, c’était lui. Gérard Chancereul, membre fondateur du groupe volailler basé à Sablé-sur-Sarthe, est décédé, lundi 20 février 2023. Ce grand patron était né 85 ans plus tôt, aux confins de la Sarthe et de la Mayenne, à Saint-Denis-d’Anjou. Il avait commencé à travailler dès l’âge de 14 ans. Chez Auguste Dodard, qui dirigeait un abattoir artisanal de volaille dans le hameau voisin de Saint-Martin Villenglose.
« Mon premier travail, ça a été de tendre des peaux de lapin pour faire sécher le cuir. Ensuite, j’ai déplumé les poulets, les canards », avait raconté Gérard Chancereul à Ouest-France. Le début d’une ascension en autodidacte. « J’ai fait HEC, les Hautes études communales », plaisantait-il.
D’apprenti à président du directoire
À 20 ans, il fait son service militaire : 28 mois, dont 16 en Algérie. Au retour, il épouse Jeanine Chalot, avec qui il aura deux fils : Patrice et Thierry. Le couple « uni dans la vie et dans les affaires » se met en quête d’un commerce de détail, secteur florissant dans les années 1960. Gérard Chancereul accepte finalement une offre d’Auguste Dodard pour acheter des parts de l’entreprise où il a débuté. L’ancien apprenti saisit l’opportunité.
Dodard devient alors Dodard-Chancereul. Sur les marchés du coin, le volailler se tire la bourre avec un concurrent tout aussi réputé : la famille Lambert. Au tournant des années 1970, les deux entreprises décident de s’unir pour faire face au développement de la grande distribution. LDC, pour Lambert-Dodard-Chancereul, était né.
La société s’installe à Sablé-sur-Sarthe avec une petite centaine de salariés. Elle ne cessera de prendre du volume pour devenir un poids lourd de l’agroalimentaire, avec des implantations à l’étranger et sa cotation à la bourse. Gérard Chancereul, lui, continue de gravir les échelons. En 1984, il devient président du directoire.
Élu dans sa commune
Lorsqu’il passe la main à Denis Lambert, aux débuts des années 2000, LDC emploie 6 000 personnes, dont plus d’un tiers sur le site sabolien, et tourne à six milliards d’euros de chiffre d’affaires. « C’est un homme de terrain qui s’est fait tout seul. Il a réussi à construire un empire sans jamais que cela lui monte à la tête, il est resté le même », disait de lui François Fillon, lors de sa dernière cérémonie des vœux, en présence d’un millier de salariés, en janvier 2001.
Ce capitaine d’industrie s’était aussi investi pour la commune de Miré, où il vivait, à la frontière entre la Mayenne et le Maine-et-Loire. Il y a été conseiller municipal dès 1971 puis maire durant deux mandats, de 1989 à 2001. En 2002, son successeur à Miré, Louis Bordereau, l’avait décoré, en saluant, dans une référence cinéphile, son « fabuleux destin ».
C’est dans ce village d’un petit millier d’âmes que reposera désormais la sienne : ses obsèques seront célébrées le vendredi 24 février 2023 à 14 h 30 en l’église de Miré. À sa famille et ses proches, Ouest-France adresse ses sincères condoléances.