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Agriculteur, Olivier ne cesse de planter pour reconstituer un paysage bocager... |
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Progressivement, Olivier Grimault redonne à son exploitation un caractère bocager, à La Pommeraye. Rencontré le 17 mars 2026, il en vante les atouts. © Ouest-France
S’est-il inspiré de la nouvelle de Jean Giono “L’homme qui plantait des arbres” ? Depuis une quinzaine d’années, Olivier Grimault a replanté près de 15 km de haies et d’arbres sur son exploitation à La Pommeraye, commune déléguée de Mauges-sur-Loire (Maine-et-Loire).
Voilà plus de vingt ans qu’Olivier Grimault s’est installé comme agriculteur au lieu-dit Haute-Roue, à La Pommeraye (Maine-et-Loire). Avec un salarié et un apprenti, il produit du lait et des volailles de chair en plein air, sur 140 ha. Avec une particularité, ses productions sont labellisées bio depuis 2012.
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« Essences bocagères locales »
Quand j’étais enfant,
se souvient-il, il y avait des haies partout sur cette exploitation. Mais quand je me suis installé, en 2004, la plupart avaient disparu. Il fallait bien optimiser la production de blé, de maïs et de ray-grass.
Alors, dès son installation, il commence à replanter.
Des haies en limites de champ, des lignes d’arbres entre les parcelles, des haies bocagères ponctuées d’arbres tous les dix mètres… Cet hiver encore, il en a planté plus d’1,5 km : chênes, frênes, mûriers, érables, merisiers, noisetiers, peupliers noirs… Bien sûr, ce ne sont que des essences bocagères locales.
Atout pour l’agriculture et la biodiversité
Conseiller technique au syndicat mixte intercommunal des bassins (Smib) Èvre-Thau-Saint-Denis-Robinets-Haie d’Alot, dont l’une des missions est de préserver et restaurer les écosystèmes, David Renevret a aidé Olivier à réaliser ses projets : Dans les Mauges, qui ne sont pourtant pas des terres à céréales, celles-ci ont progressivement remplacé l’élevage et par là même le bocage, mosaïque de prairies et de cultures délimitées par des haies et des arbres. Ils offrent pourtant bien des bénéfices écologiques, agricoles et paysagers, c’est un réservoir de biodiversité.
Depuis bien longtemps déjà, Olivier Grimault en est convaincu et l’a vérifié : La haie retient l’eau dans le sol et lutte contre l’érosion. En procurant de l’ombre pour mes vaches, elle atténue les effets de la chaleur liée au réchauffement climatique, en même temps qu’elle a un effet coupe-vent. Et puis, c’est beau un paysage bocager, non ?
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Endiguer l’hémorragie bocagère
Selon le ministère de l’Agriculture, les 23 500 km de haies qui disparaissent chaque année en France ne sont compensés que par 5 000 km de replantations. En cause,
explique David Renevret, le manque d’éleveurs pour les entretenir, leur difficulté à concilier production et mécanisation. Et puis l’urbanisation, même si la législation en a freiné le développement.
Mais la cause n’est pas désespérée. Une bonne gestion collective entre agriculteurs, élus et Smib, doit permettre d’endiguer cette érosion.
Info-conseils Smib : contact@evrethausaintdenis.fr