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À Angers, une grève historique touche la Caisse des dépôts... |
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Angers, jeudi 4 juillet 2024. Plus de 200 agents de la Caisse des dépôts ont débrayé contre un plan de non-renouvellement des contrats contrat. © CO - Chloé BOSSARD
Plus de 200 agents de l’institution ont manifesté jeudi 4 juillet devant le site de la rue Louis-Gain, à Angers, contre le non-renouvellement annoncé de nombreux contrats courts.
La dernière grève remontait à … 2008. C’est dire si le mouvement social qui secoue la Caisse des dépôts depuis une semaine est historique.  Ce n’est pas dans l’ADN de la maison. La forte mobilisation qu’on observe ces jours-ci signifie vraiment quelque choseÂ
, estime Frédéric Altivanik, responsable CGT, qui appelait, aux côtés de la CFDT, l’Unsa, la CFE-CGC et le Snup, à un débrayage jeudi 4 juillet à partir de 11 heures, devant le site de la rue Louis-Gain à Angers, dans le cadre d’une journée nationale. En cause : un plan de non-renouvellement des contrats courts, dévoilé par la direction le 15 mai dernier.
Jusqu’ici, des actions isolées avaient rassemblé entre 50 et 80 personnes sur les deux sites angevins de l’institution (rue Louis-Gain et Cours Saint-Laud), où travaillent environ 900 personnes. Jeudi matin, ils étaient plus de 200, drapeaux et pancartes en main, à s’opposer à ces suppressions de postes annoncées, bloquant la circulation pendant près d’une heure.
« Du travail, il y en a »
Parmi eux, Lucie* et Hélène*, téléconseillères retraite, ont pris  une douche froideÂ
en apprenant qu’elles devraient quitter la Caisse des dépôts le 30 septembre, après plusieurs années d’intérim et de CDD.  On a des bonnes conditions de travail, on se plaît ici. Ça fout les boules, d’autant que du travail, il y en aÂ
, déplore la première.  Les usagers rouspètent parfois au téléphone parce qu’on les garde longtemps en attente. Supprimer des postes de contractuels, ce n’est pas logique !Â
, illustre la seconde.
La direction des politiques sociales, basée entre Angers et Bordeaux, devrait ainsi perdre 45 équivalents temps plein (sur 1400 au total).  Ça, c’est juste pour le premier semestre. Mais ensuite, on n’a aucune idée de ce qui pourrait se passerÂ
, prévient Frédéric Altivanik, dénonçant une décision  unilatéraleÂ
de la direction du groupe public.
 On nous explique que la ligne budgétaire est en déficit. Mais c’est un non-sens ! La Caisse des dépôts a fait 3,9 millions d’euros de bénéfices cette année. Il s’agit simplement d’un choix destructeur pour l’emploiÂ
, ajoute Anne-Solaine Dupau, pour la CFE-CGC. La direction n’avait pas réagi en début d’après-midi.
*Les prénoms ont été modifiés.