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À Angers, quel est ce joyau du patrimoine aujourd’hui disparu ?... |
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Maison de la chapelle d’Aliquot, place Saint-Martin, 1902, dessin. © Archives patrimoniales d’Angers
Les Archives patrimoniales d’Angers viennent d’acquérir un beau dessin représentant la maison de la chapelle d’Aliquot, place Saint-Martin, aujourd’hui disparue.
Voici une construction pittoresque, mêlant pierre et bois essenté d’ardoise. Elle a attiré l’attention. Les Archives patrimoniales d’Angers en avaient des photographies des années 1880, un dessin de 1869 par R. Vétault (publié par l’abbé Guéry en 1913 dans Angers à travers les âges
), elles ont à présent ce beau dessin à la plume, aquarellé et gouaché. Malheureusement, ce qu’il représente a disparu. Il s’agissait de la maison de la chapelle d’Aliquot, place Saint-Martin, dépendant de la collégiale du même nom. Elle était située à l’emplacement de l’actuel hôtel des Postes, face au Welcome.
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Occupée par un fabricant de billards puis par un menuisier
Sous le Second Empire et jusqu’en 1880, la maison est occupée par un fabricant de billards, Valin, puis Rouault. Après cette date, un menuisier-ébéniste, Aristide Poutiers, s’y installe. Lits en fer et sommiers, meubles antiques et modernes
, annonce la devanture. Il a laissé un nom à Angers comme secrétaire, puis professeur à l’école des beaux-arts et comme créateur du musée d’art industriel, inauguré à l’hôtel de Chemellier en 1907, puis transféré à la tour Saint-Aubin en 1911.
Lorsqu’A. Poutiers arrive place Saint-Martin, son ambition, si l’on en croit le registre des pétitions de voirie, est de construire un bâtiment neuf. Il demande alignement et nivellement, mais renonce apparemment à son projet, puisque la maison subsiste jusque vers 1904.
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La place telle qu’elle était avant 1870 ou en 1902 ?
Ce dessin semble la montrer en 1902, puisqu’il porte cette date, mais cette mention n’est pas cohérente avec les faits historiques : l’enseigne de Valin n’existait plus depuis 1870. Il faut donc croire que le dessin n’a pas été réalisé sur place, mais d’après un document antérieur à 1870. D’autant qu’il est l’œuvre d’un artiste essentiellement parisien, Philippe Chaperon (1823-1906), connu par ses nombreux décors de scène réalisés pour l’Opéra-Comique.