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À Angers, il rachète leurs vêtements aux particuliers pour les revendre aux friperies... |
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Emmanuel Leicher a lancé Friply à la mi-février 2023, et reçoit déjà assez de vêtements pour approvisionner une friperie. © Ouest-France
À Angers (Maine-et-Loire) Friply propose d’acheter les vêtements des particuliers pour les revendre aux friperies. Une initiative qui veut faciliter les gestes pour le développement durable tout en privilégiant le circuit court.
Dans les bureaux des locaux de Weforge à Angers (Maine-et-Loire) Emmanuel Leicher, 27 ans, montre connectée et paire de baskets blanches, se fond parfaitement dans l’ambiance start-up qui règne dans l’espace de coworking.
Mi-février, le jeune diplômé en biologie cellulaire a lancé Friply, sa microentreprise, à l’aide de l’incubateur de l’Université d’Angers. Son projet part d’un constat : « Les dons de vêtements que font les gens dans les bennes partent jusqu’en Belgique chez des grossistes. Ils les renvoient ensuite à des friperies, mais une partie finit dans des décharges à ciel ouvert. Ça fait beaucoup de déplacements et de pollution pour de la seconde main. »
Acheter les vêtements d’occasion des particuliers
Pour pallier ce système et les applications de revente « qui prennent du temps », le jeune angevin a créé sa propre alternative. « L’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde. Si on facilite les gestes écolos pour le consommateur, ça peut changer les choses. »
Il propose donc aux particuliers de leur acheter leurs vêtements d’occasion. Il revend ensuite les pièces à des friperies. « Pour l’instant, je collabore avec la friperie du Tonnerre, à Angers, qui est tenue par ma sœur, mais j’espère pouvoir bientôt étendre mon partenariat à d’autres boutiques. »

Friply ne récupère pas des vêtements de marques de fast fashion et privilégie les pièces en très bon état. Ouest-France
Emmanuel se permet d’être exigeant avec les vêtements que ses clients lui apportent : pas de marques de fast fashion, et les pièces doivent être en parfait état. « En général, je garde entre la moitié et les trois-quarts des vêtements, et je donne des conseils aux gens pour se débarrasser de ce que je ne prends pas. Ça serait bête que ça termine chez les grossistes. »
Chaque soir de la semaine, des créneaux sont ouverts sur réservation pour venir déposer ses habits. Emmanuel fait ensuite une estimation, selon des critères qu’il a lui-même établis.
Anouck, étudiante de 21 ans à l’Istom (École supérieure d’agro-développement international) parvient à vendre un jean, une chemise, une jupe et deux T-shirts. « J’ai vu une affichette sur la machine à café de mon école, et je me suis dit que c’était une manière facile de se faire un peu d’argent » , raconte-t-elle.
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Un projet qui se développe rapidement
Grâce à un peu de communication et pas mal de bouche-à-oreille, l’initiative a rapidement fonctionné. « J’ai commencé par coller des affiches en ville. Dès le lendemain matin, j’avais un rendez-vous de pris. Je suis vraiment étonné et très content du succès que ça a eu en quelques semaines » , se félicite Emmanuel.
Friply a déjà atteint la cadence suffisante pour répondre complètement aux besoins en approvisionnement d’une boutique, et commence même à les dépasser. « Je vais démarcher d’autres friperies dans la région. Le but, c’est de fonctionner en circuit court. Ça a plus de sens pour les gens que leurs vêtements soient revendus à 250 mètres de chez eux. »
Le jeune entrepreneur a d’ailleurs plein d’idées pour développer son projet. Il veut lancer une application, ouvrir davantage de créneaux de dépôts, voire ouvrir un point de vente… Beaucoup d’idées pour celui qui n’a, pour le moment, que son logement pour entreposer les vêtements.
Friply, prise de rendez-vous sur friply.fr. Créneaux du lundi au vendredi après 18 h et le samedi entre 9 h et 13 h. Rendez-vous dans les locaux de Weforge, 25, rue de Lenepveu, à Angers.