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À Angers, du 18 au 26 janvier : le festival Premiers plans cultive d’incroyables paradoxes... |
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L’héroïne de Border line, Bruna Cusí, Prix d’interprétation féminine 2024. © Archives O-F
Attaché aux premiers films européens autant qu’aux rétrospectives, le festival angevin, se tenant du 18 au 26 janvier 2025, est à la fois brillant et sans paillettes. Ce n’est pas le moindre de ses charmes.
À Angers (Maine-et-Loire), du 18 au 26 janvier 2025, le festival Premiers plans va de nouveau cultiver tous ses paradoxes. Loin d’être réservé aux élites intellectuelles, en regard d’une programmation exigeante, il a accueilli 80 000 spectateurs, l’an dernier.
Certes, une pléiade de stars – Nicole Garcia, Costa-Gavras, Valeria Bruni Tedeschi, Jeanne Balibar, Boris Lojkine, Christophe Honoré – est attendue. Mais il n’y aura aucun tapis rouge, seulement une incroyable qualité d’écoute d’un public qui s’intéresse plus à l’art qu’aux paillettes.
Des films pour tous les âges
Une simple accumulation de projections, sans passé ni avenir ? Les 150 réalisateurs et réalisatrices, patiemment accompagnés dans les Ateliers Jeanne Moreau depuis vingt ans, prouvent le contraire. Sept d’entre eux présenteront leurs premiers longs-métrages made in Angers, dont Petit paysan, Keeper ou Belle épine.
Trop sombres, les cent films en sélection, tous formats confondus ? Pas question pour les jeunes cinéastes de « dévaluer la réalité d’une société toujours anxiogène ». Et de se lancer dans une comédie, « qui nécessite un rythme imparable et beaucoup d’expérience » .
Ceux qui n’y trouvent pas leur compte peuvent se plonger dans les rétrospectives, des films restaurés de Fellini comme d’autres pépites du patrimoine : Fenêtre sur cour, Edward aux mains d’argent, In The Mood for Love…
Un festival replié sur lui-même ? Quatorze avant-premières sont proposées, dont le nouveau film de Costa-Gavras, Le dernier souffle. Réservé aux adultes ? 30 000 spectateurs ont moins de 25 ans. Et des programmes de courts-métrages sont destinés aux plus de 3 ans et plus de 6 ans.
Mais le plus beau des paradoxes, à Angers, est de voir des salles archi-pleines et enthousiastes pour de jeunes réalisateurs inconnus. Sûrement pas pour longtemps…