|
Une dent humaine dans le steak haché !1 |
1
La dent humaine mesure deux centimètres. Romuald, l'acheteur de la barquette de steaks hachés, va se rendre dès ce matin à la Direction de la concurrence, la consommation et la répression des fraudes.
Insolite découverte au cours d'un repas familial à Angers, lundi midi. L'acheteur de la barquette de viande envisage de porter plainte contre la grande surface. Cette dernière va mener l'enquête en interne.
L'histoire
« J'étais en train de manger mon steak. J'ai senti quelque chose de dur. J'ai failli m'étouffer. J'ai recraché. C'était une dent sur pivot, avec la racine. » Nathalie Dahyot raconte l'anecdote en mimant le « haut-le-coeur » qu'elle a eu après avoir découvert cette dent humaine couronnée, de deux centimètres de long, à l'intérieur de son steak haché.
Il est midi et demi, hier lundi, à Angers. Nathalie est invitée pour déjeuner chez un ami, Romuald Brut, dans le quartier Belle-Beille. Ce dernier, client de la grande surface depuis 15 ans, a fait ses courses à Carrefour Grand Maine, une heure auparavant. Au rayon frais, il achète un lot de barquettes de steaks hachés à bas prix. Sur l'emballage, l'enseigne précise : « 100 % muscle » et « élaboré en France ».
De retour à l'appartement, la famille cuisine les steaks pour partager un repas ensemble... jusqu'à la découverte peu ragoûtante. « Tout le monde a arrêté de manger, net ! On a jeté tous les steaks à la poubelle. Ma fille de 23 mois en a pris elle aussi : elle aurait pu s'étouffer en avalant cette dent, non ? »
Prêt à passer des tests ADN
Furieux, Romuald, ancien commerçant dans la restauration rapide, s'empresse alors de contacter la direction locale de Carrefour, qui le dirige vers le « service consommateurs ». À Massy, personne ne donne d'explication. « Ils m'ont d'abord demandé ce que je voulais, puis m'ont dit de renvoyer la dent. Ah ça non ! Je préfère attendre... »
Contactée hier après-midi, la chaîne des magasins Carrefour assure qu'une enquête va être déclenchée en interne pour tenter de comprendre ce qui a pu se passer. Mais hier soir, curieusement, aucune décision de retirer les produits du même lot n'avait été prise. « Notre enseigne met en place des process très stricts de contrôle de la qualité, explique-t-on à la direction de la communication. Nous allons recueillir toutes les informations sur ce produit et notamment sa provenance. En fonction de ces éléments, nous serons en mesure d'agir et de donner toutes les explications au client. Nous sommes désolés... »
Désolé ou pas, Romuald, lui, garde une dent contre l'enseigne. Il envisage d'établir un constat d'huissier et va signaler, ce mardi, sa découverte auprès de la Direction générale de la concurrence, consommation et répression des fraudes. « Je suis prêt à faire passer des tests ADN à toute la famille s'il le faut, pour prouver que cette dent ne nous appartient pas... »
Arnaud WAJDZIK.
Mise à jour 15h26 : La direction de Carrefour vient de communiquer : « La traçabilité du produit a permis de remonter jusqu'au fournisseur concerné et au site de fabrication. Il apparaît impossible de trouver un corps étranger dans la viande au regard des contrôles qualité effectués et des process de fabrication d'un steak haché. La viande est hachée, conditionnée et passée au détecteur de métaux. »
Enquête des autorités sanitaires
Une enquête se poursuit, en interne, pour tenter de comprendre d'où provient cette dent de deux centimètres couronnée en métal. « Le lot des produits concernés n'était plus commercialisé depuis lundi 8 août au soir», indique encore la direction du magasin.
Par ailleurs, les autorités sanitaires ont dilligenté une enquête de traçabilité auprès de l'enseigne et de l'industriel fabricant.
Mise à jour 15h42 : L'avocat de Romuald Brut, l'Angevin qui a découvert une dent couronnée en métal dans le steak haché à Angers, a fait savoir que deux femmes de son entourage avaient été victimes d'intoxication alimentaires, ce mardi matin. « La première personne, c'est Nathalie, qui a mangé lundi midi le steak où se trouvait la dent humaine. Et l'autre personne est celle qui a mangé un steak haché se trouvant sur la même barquette. Cela n'a peut-être rien à voir, mais dans le doute, elles ont été examinées par un médecin qui a confirmé l'intoxication alimentaire.»
Dent saisie par la Répression des fraudes
D'autres prélèvements seront effectuées en laboratoire, précise l'avocat, Julein Roulleau. de son côté, les services de la consomation et la répression des fraudes d'Angers sont venus saisir les restes de la barquette ainsi que la dent humaine couronnée, cet après-midi.
L'avocat Julein Roulleau va défendre les intérêts de ses clients qui disent avoir trouvé une dent humaine dans un steak haché à angers, lundi 8 août.