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P. Englebert : « Le cinéma numérique a explosé »... |
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Le technicien belge Paul Englebert a délaissé les vieilles bobines argentiques, comme ici dans une salle de projection des 400 Coups, pour se consacrer à l'avenir du cinéma, le numérique.
Pionnier du cinéma haute définition depuis les années 1990, le technicien belge Paul Englebert animait hier une rencontre des Ateliers d'Angers.
Qu'est-ce que la haute définition et comment cette technologie a-t-elle révolutionné le cinéma ?
La HD, c'est la fin de l'analogique ! De la prise de vue jusqu'à la diffusion en salles, tout passe par informatique. En somme, le numérique c'est une série d'images numérotées qui se suivent et qu'on peut retoucher à volonté. La HD a trouvé son essor au début des années 2000. Et depuis, le travail en numérique a explosé ! Aujourd'hui en Europe, seulement 40 % des films sont réalisés en HD et peu de salles de cinéma sont équipées pour le projeter. Mais dans les prochaines années, le numérique va s'imposer comme la norme. Dans 5 ans, 8 000 salles européennes seront équipées. Quoi qu'on en dise, le cinéma a pris le tournant du numérique pour des raisons économiques.
Ces motifs économiques pèsent aujourd'hui dans le budget d'un film ?
Le numérique a démocratisé le cinéma. Pour des films à petits budgets - environ 150 000 € - les réalisateurs économisent 10 %, c'est énorme ! Pourquoi ? Parce que c'est un support bon marché qui permet un nombre de prises illimité, contrairement aux pellicules. C'est une économie qu'on retrouve aussi après le tournage. Fini le temps de la bobine 35 mm où il fallait isoler l'image, la scanner et la truquer avant de la réinsérer dans le film.
Aujourd'hui, on travaille directement sur les images.
Quelles formations suivre pour travailler dans le cinéma numérique ?
Les écoles de cinéma ne peuvent pas s'offrir le matériel numérique le plus récent car il se renouvelle trop vite. L'idéal est d'en connaître le fonctionnement puis de se former en multipliant les stages.
Propos recueillis par Paul GYPTEAU.