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Le soutien-surprise de J. Monnier à C. Béchu... |
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L<¤>ancien maire d<¤>Angers a pris Jean-Claude Antonini à contre-pied : c<¤>est à Christophe Béchu qu<¤>il apporte son soutien.
© ArchivesJean Monnier a osé sortir de son silence. À huit jours du scrutin, il a décidé d'apporter son appui à Christophe Béchu. Et de faire le procès sans appel de J.-C. Antonini.
La statue du Commandeur allait-elle rester silencieuse jusqu'au bout ?
On savait les relations tendues entre le Roi Jean et son successeur à la mairie d'Angers, Jean-Claude Antonini. On savait l'ancien maire séduit par la démarche de Christophe Béchu. Sa démarche et ses projets, plus conformes à sa vision de la ville. Et un cheminement qui n'était pas sans lui rappeler le sien : à chacun sa façon de pratiquer l'ouverture, lui venu de la gauche, le jeune homme venu de la droite. Mais franchirait-il le pas un jour au risque de « ternir son image » aux yeux de certains ?
Antonini a tout détricoté !
Jean Monnier affirme qu'il pensait pouvoir s'en tenir à cette « tranquillité réservée » qu'il observait depuis qu'il avait quitté les affaires. Mais Pierre Mendès-France fait partie de son Panthéon. Son buste n'a pas été placé à l'entrée du Jardin des Plantes par hasard. N'est-ce pas lui qui affirmait : « Il y a pour l'homme politique un devoir primordial de vérité. Il en coûte parfois de le remplir, mais il est sans prix d'avoir la conscience nette... » Alors Jean Monnier a décidé de parler. « Je veux éviter que mon silence apparaisse ambigu, voire comme une démission vis-à -vis des enjeux de l'élection prochaine. »
Et la statue s'est mise à parler. En affirmant un soutien clair et net à Christophe Béchu, le challenger de celui qu'il avait pourtant choisi pour lui succéder en 1998. « Ma démarche est liée à la façon dont je vois mon successeur détricoter tout ce que j'ai mis en place sur Angers. »
Et pourquoi ce pavé dans la mare au lieu d'en débattre directement avec Jean-Claude Antonini lui-même ? « Parce qu'il est devenu impossible de discuter avec mon successeur à qui j'avais déroulé le tapis rouge. »
On sent percer l'amertume : faut-il y voir l'amour-propre blessé d'un décideur de haut vol, déçu de ne pas avoir pu garder la main sur l'évolution de la ville, même éloigné des affaires ? « Pas du tout. Mais il y a de telles erreurs dans les directions qui sont prises que je ne peux plus me taire. Un exemple ? Son projet de supprimer les voies des berges et les trémies remonte à 2002. Et dès 2002, je l'ai mis en garde en l'interpellant : « Sur les voies des berges, dis-moi que tu galèjes ! J'ai lu les journaux, dis-moi que les journalistes ont déliré !!! »
Pas Zorro !
Une amertume qui s'est peu à peu muée en colère lorsqu'il a vu « le patrimoine que j'avais laissé passer au Karcher ». Ou quand il a su que « la consigne avait été passée aux collaborateurs les plus proches de m'oublier ». Ou quand il a vu que des candidats à des postes-clés (il pense à Laurent Le Sager) étaient « écartés à cause de leur passé monniériste ». Et qu'il voit son successeur désormais « entouré de courtisans et de gourous en tous genres ».
Alors aujourd'hui il saute le pas. Au risque de se faire accuser de trahison par sa famille politique. « Déjà mon ouverture au centre avait choqué les puristes de gauche, en 1989, réplique-t-il. Mais qu'on ne me dise pas que je vole au-devant de la victoire. Je ne suis pas Zorro, je sais que les derniers sondages donnent un handicap de 16 points à Christophe Béchu ! »
Combien de points pèsera la prise de position de Jean Monnier auprès de l'électorat angevin ? Réponse dans huit jours.
Alain MACHEFER.