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La Fonderie des Ponts-de-Cé va disparaître... |
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Fin septembre, les salariés avaient réuni 14 000 pièces d'aluminium devant leur usine en menaçant de tout faire sauter. © Photo archives
En septembre dernier, les salariés menaçaient de faire sauter leur usine. Hier, le tribunal de commerce a prononcé la liquidation judiciaire de leur entreprise.
Les salariés s'étaient accrochés à ce mince espoir, réduit à néant hier après-midi. Pour Patrick Choletais, l'offre de la société de pièces métalliques et plastiques Preciturn (Haute-Savoie) n'a pas apporté de garantie financière suffisante. « Le tribunal n'a pas voulu prendre de risque... »
Patrick Choletais explique ce qui va se passer désormais: « Un mandataire va convoquer le personnel pour officialiser les licenciements. On attend beaucoup du plan de sauvegarde de l'emploi, d'une cellule de reclassement... J'espère qu'il y aura des formations. Si on part avec rien, c'est une catastrophe. » Et le délégué ne cache pas son amertume: « Nos dirigeants vont pouvoir recommencer à reprendre des entreprises, à les piller, sans investir, avant de les fermer... »
Retour en arrière... Fin septembre, l'action des 90 salariés de la Fonderie de l'Authion semble désespérée. Cette entreprise, propriété du fonds d'investissement suisse Vista Capital Management, est en grève depuis plus d'une semaine contre un plan social qui concerne 18 salariés.
Las de ne pas être entendu, les salariés réunissent 14000 pièces en aluminium devant leur usine et menacent de « tout faire sauter » avec des bouteilles de gaz. Malgré les efforts du préfet Marc Cabane, malgré le combat des salariés qui va durer plusieurs jours, le propriétaire de l'usine refuse le dialogue. Les fondeurs reprennent le travail, sans avoir rien obtenu.
Michel Bouyer, de la CFDT, n'a « pas de mot » pour qualifier « le mépris » de la direction du groupe dans ce conflit. « C'est la disparition d'une entreprise ancestrale dans le milieu industriel angevin. » Il s'interroge: « Comment va-t-on recaser cette main-d'oeuvre sur le marché local, avec Packard Bell qui va licencier plus de monde que prévu ? »
Arnaud WAJDZIK.