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L'Isoret en route pour enfanter la nouvelle école4 |
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Le matin est plus propice aux apprentissages : c'est le moment pour le français et les maths. L'après-midi, après la classe, les élèves entrent en atelier. Ici, on s'étire, on s'étire, on s'étire... avant de commencer à chanter !
Apprentissages le matin, activités d'éveil l'après-midi, classe le mercredi matin. Les 250 élèves de l'école en font l'expérience, depuis la rentrée.
Reportage
Arriver un quart d'heure plus tôt le matin pour repartir... Une heure et quart plus tôt le soir, les élèves de l'Isoret n'ont pas perdu au change (1). Pour compenser, ils ont classe le mercredi matin.
Nichée derrière le cimetière de l'Est, l'école de l'Isoret expérimente de nouveaux rythmes scolaires depuis septembre. Comme quatorze autres, en France. « On a complètement rebâti les emplois du temps », confirme Dominique Bruneau, directeur du primaire.
Objectif : mieux respecter les rythmes biologiques des enfants. Ils sont plus disponibles aux apprentissages le matin ? Ils ont donc français et maths. L'après-midi est réservé aux activités d'éveil : histoire-géo, arts visuels, musique, éducation physique et anglais : « Là , ils peuvent se lever, prendre la parole, discuter... » On ne leur demande pas la même concentration.
Après la classe, et pour ne pas en faire « des orphelins de 16 h », ils entrent en ateliers pour une heure. Des ateliers gratuits, avec 18 activités au choix, qu'ils ont pu expérimenter tout le mois de septembre. Ça va de la cuisine au bridge, du théâtre à l'aquariophilie, de la menuiserie au cirque...
« C'est magique »
Ceux qui préfèrent jouer vont à l'espace ludique. Mais les ateliers ont été plébiscités : « 85 % des élèves y participent au moins deux fois par semaine », se réjouit Dominique Bruneau. Ils peuvent en changer toutes les six semaines.
À 15 h 30, l'école résonne d'un joyeux brouhaha. Les élèves de la maternelle rejoignent ceux du primaire sous le préau. Chacun se positionne devant le panneau nommant son atelier. « C'est magique pour les enfants. Les animateurs sont des gens très expérimentés. » Payés par la Ville, ceux-ci viennent du club de la Croix Blanche, du Conservatoire, de l'Arceau, de la Claverie, d'associations locales... « C'est une vraie ouverture culturelle pour nos élèves et leur famille. »
L'organisation, par contre, a été très compliquée : « On avait tout à inventer. » Où faire stationner les bus qui transportent les enfants vers les différents sites ? « On a ouvert un nouveau portail. » Que faire des cartables ? « On a mis des rangements sous le préau. »
« Plus vite au travail »
Résultat, au bout de deux mois : « Les enfants sont beaucoup plus vite au travail le matin que l'an dernier. Le mercredi, ils sont détendus, comme ils l'étaient autrefois le samedi. De toute façon, leurs parents travaillent et la plupart devaient se lever. » Ils n'ont pas de récré l'après-midi, « mais ça n'entraîne pas de fatigue supplémentaire ». Et, à la veille des vacances de Toussaint, ils étaient plus en forme que l'an dernier.
Côté enseignants, le chantier requiert beaucoup de temps de concertation, « mais ça ne grève pas nos soirées ». Quant aux parents, ils paraissent enchantés. Pour ceux qui ont un enfant en difficulté, la moitié a préféré l'inscrire aux ateliers plutôt qu'à l'aide personnalisée. Et il y a fort à parier qu'il s'en sortira mieux comme ça.
« On n'est pas une école pilote, nuance Dominique Bruneau. On n'a pas de leçons à donner. On en a même beaucoup à recevoir... » Une équipe scientifique va suivre l'Isoret pendant les trois ans de l'expérimentation. Quel qu'en soit le résultat, le directeur est enthousiaste. Pour lui, « ne pas expérimenter, c'est se condamner... à ne pas savoir ! »
Claudine QUIBLIER.
(1) Ils ont classe de 8 h 30 Ã 11 h 45 et de 13 h 30 Ã 15 h 30.
Ouest-France
Sinon, le rhytme me parrait beaucoup plus adapté aux enfants. Certe, cela a un prix, mais on trouve de l'argent pour d'autres choses, alors pour le bien des enfants, ça doit pouvoir se trouver aussi... Bien sûr, pas dans la poche des parents. car l'autre bénéfice des activités de l'après midi, c'est que cela efface les différences sociales et donne accès à des activités à des enfants de familles plus défavorisées.
Je ne vois que du bénéfice et aimerait que cela s'étende...