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Il vend son hypermarché... mais garde la galerie... |
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Raoul Monnier, sur la passerelle qui surplombe la galerie commerciale de l'Hyper U de Mûrs-Érigné : « Je garde un petit morceau de l'entreprise, avec ces boutiques. Je compte aussi m'investir dans des entreprises qui démarrent, pour garder le contact avec le milieu économique. »
A Mûrs-Érigné, le plus grand Hyper U de France et ses 350 salariés changent de patron. Entretien avec Raoul Monnier, qui y a consacré 50 ans de sa vie.
Une grande page se tourne pour vous, Raoul Monnier. A Mûrs-Érigné, vous quittez une entreprise que vous avez réussi à placer sur la plus haute marche, celle de leader...
Je n'aime pas trop ce genre de déclaration. J'ai toujours été un membre actif du développement du groupe, depuis 40 ans. C'est une belle entreprise qui s'est développée ici, dans le Sud Loire. Elle est leader chez Système U et leader sur le marché angevin, avec 2 millions de passages à la caisse, par an, 25 000 clients porteurs de la carte de fidélité, et un chiffre d'affaires de 120 millions.
Après bien des hésitations, vous vous êtes finalement résolu à vendre. Difficile de lâcher ainsi son « bébé » ?
Oui, cela a été difficile. C'est 50 ans de ma vie. N'ayant pas de succession familiale, il fallait bien que je franchisse le pas. Mais quelque part, je me sens comme dépouillé de ce qui est le sens de ma vie économique. A 66 ans, il faut bien se faire une raison...
Votre magasin n'a cessé d'évoluer, mais votre grand regret, j'imagine, c'est d'avoir échoué à l'implanter sur la zone du Moulin-Marcille, aux Ponts-de-Cé...
Le projet était très avancé, mais il n'a pas abouti, pour des raisons diverses, notamment administratives. Cela a été une grosse déception pour moi. Mais aujourd'hui, je n'éprouve pas de regret. Le Sud Loire se développe, au niveau des voies de communication, de la démographie, des entreprises. Au Moulin-Marcille, Décathlon va construire une belle unité, qui va amener du monde.
Comment voyez-vous évoluer Hyper U ? Quelles sont les recommandations que vous avez faites à votre repreneur, Richard Marchand, de Longué ?
Je me garderais bien de lui faire des recommandations. Il a 20 ans de moins que moi. Il est moderne, il a une bonne vision stratégique. Il reprend une entreprise structurée, de 350 personnes, avec un encadrement performant, une entreprise socialement en bonne santé.
Les clients ont toujours été nos patrons. Nous avons toujours essayé de coller au plus près de leurs attentes. C'est le fil rouge de la réussite de Mûrs-Erigné.
Et vous, aujourd'hui, quels sont vos projets ?
Je conserve la galerie commerciale.
Mon épouse, Marie-Claude, qui a toujours été à mes côtés, va rester un an, dans un rôle de conseil et d'accompagnement. Moi, je compte m'investir dans des entreprises qui démarrent, avec des appuis financiers ou techniques, histoire de rester dans le milieu économique.
Vous en avez les moyens. La vente de votre magasin se chiffrerait à 53 millions. Le magazine Challenges évalue votre fortune à 65 millions. Vous figurez dans le « Top 500 » des Français les plus riches...
Je ne parlerai pas du montant de la vente. Mon repreneur peut le faire, s'il le souhaite. Quant à ma fortune, le magazine ne fait qu'une évaluation de la valeur du magasin. Aujourd'hui, je peux vous dire que je suis sorti du Top 500...
Jean-Michel HANSEN.