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Décès de Robert Robin, ancien maire-adjoint... |
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Robert Robin, dialoguant spontanément avec des personnes âgées, lors d'une sortie à vélo avec Raymond Poulidor. © Archives Ouest-France
Il fut le bras droit de Jean Monnier dès la conquête de la mairie par l'Union de la Gauche en 1977. Né dans la Doutre, il en fut aussi le conseiller général.
Il était, comme le désignait un titre de Ouest-France, « l'homme du social à Angers ». Robert Robin vient de mourir de maladie, vendredi matin. Il avait 76 ans. « L'élu le plus connu et le plus estimé des 18 000 retraités de la ville », observait aussi notre journal dès 1988.
Robert Robin n'a jamais oublié sa naissance (le 18 décembre 1930) dans le quartier angevin de la Doutre marqué, avant-guerre, par la pauvreté. Homme de fidélité, il a puisé dans ses racines populaires toute son énergie de militant actif, et toute l'humanité qui la sous-tendait. « J'ai maîtrisé ma révolte pour qu'elle devienne construction », expliquait-il en décembre 88, au moment où son ami Jean Monnier lui remettait la croix de chevalier dans l'Ordre national du Mérite. Révolte tellement bien maîtrisée qu'il a été 24 ans maire-adjoint de sa ville, aux côtés de Jean Monnier, et conseiller général du canton d'Angers-Nord, celui de la Doutre de son enfance, justement, de 1994 à 2001 (lire ci-dessous l'hommage du président du conseil général).
Robert la fidélité
Robert la fidélité : l'ancien maire d'Angers Jean Monnier peut en témoigner. C'est ensemble que, depuis 1958, alors que Robert Robin travaillait à la Mutualité sociale agricole, ils ont milité et pris des responsabilités départementales à la CFTC de Maine-et-Loire, puis à la CFDT à la déconfessionalisation du syndicat en 1964 (et Robert Robin a aussi été, à Paris, permanent national de la Fédération de l'agriculture à la CFDT). Tous deux avaient été formés par l'action catholique.
Si Robert Robin (devenu en 1973 assistant de formation continue à l'Institut universitaire de technologie) a milité au PSU avant de rejoindre le Parti socialiste comme Rocardien, c'est ensemble qu'ils ont conduit la liste d'Union de la Gauche qui a conquis la mairie d'Angers aux élections municipales de mars 1977. Ensemble qu'ils ont conduit une politique de la ville. Jean Monnier avec Robert Robin, premier maire-adjoint chargé des affaires sociales et surtout, celui qui fut toujours son bras droit, fidèle, honnête et désintéressé.
« L'homme du social »
À ce titre, Robert Robin a présidé le Centre communal d'action sociale, l'office municipal d'HLM devenu Angers-Habitat, et l'Eparc (la restauration collective, pour les écoles et, notamment, la livraison de repas à domicile chez les personnes âgées). Il a développé les foyers-logements de troisième âge et les animations pour retraités, dans un souci non pas d'assistance mais de participation active des plus âgés à la vie de la cité.
Robert Robin fut aussi élu conseiller régional des Pays de la Loire en 1986. Il siégeait au district urbain d'Angers, devenu communauté d'agglomération. En septembre 1998, quand Jean Monnier a laissé son fauteuil de maire à Jean-Claude Antonini, il est devenu adjoint chargé des espaces verts, fonction assumée jusqu'aux élections municipales de 2001. Même, alors, retraité de la vie politique, Robert Robin assumait encore des responsabilités, comme au conseil d'administration de la maison de retraite Sainte-Marie-la-Forêt.
Il se définissait comme « un homme de gauche, mais une gauche très ouverte, basée sur le service apporté aux gens davantage que sur les discours généraux ». Vraiment, Robert Robin l'humaniste, le généreux, était « l'homme du social ».
Alain BODY.
ger;Les obsèques de Robert Robin seront célébrées lundi 20, à 15 h, en l'église de la Trinité, dans la Doutre, avant l'inhumation au cimetière de l'Ouest.