|
Assises : Denis Malécot condamné à 16 ans... |
Accusé de tentative de meurtre, viols, agressions sexuelles, détournement de mineur... L'ouvrier horticole de 46 ans n'a pas bronché à l'énoncé du verdict.
Hier matin, après un procès de six jours, l'avocat général, Olivier Tcherkessof avait demandé aux jurés de la cour d'assises de Maine-et-Loire de ne pas descendre en dessous d'une peine de 20 ans de réclusion criminelle. Dans l'après-midi, après un délibéré de plus de trois heures, ils en ont décidé autrement, condamnant Denis Malécot à 16 ans de réclusion criminelle. Sur les bancs des parties civiles, les victimes ont semblé surprises.
« Au fil d'un parcours de 25 ans, on a dénombré derrière lui vingt victimes, jeunes filles et femmes, a martelé l'avocat général, avec certainement beaucoup d'autres, inconnues. » Malgré les dénégations permanentes de l'accusé, le magistrat n'a jamais eu le moindre doute sur sa culpabilité. « Denis Malécot est un prédateur sexuel d'une extrême dangerosité. Plus grave encore, le 15 septembre 2006, à Denée, je suis persuadé qu'il voulait tuer sa victime. »
La tentative de meurtre caractérisée, Olivier Tcherkessof énumère : « Le mouchoir dans la bouche, le sac sur la tête, la strangulation. » En désignant la jeune femme, assise au premier rang entourée de ses proches, il poursuit : « Elle serait morte sans sa force de caractère et son instinct de survie. »
Celle-ci avait simulé une perte de connaissance pour que Denis Malécot relâche son étreinte. Réussissant à se dégager, elle s'était jetée dans le Louet pour lui échapper. Et le magistrat de risquer une hypothèse : « Malécot, en brûlant la voiture, aurait pu y mettre sa victime et maquiller ce viol et ce meurtre en suicide ! »
Denis Malécot en stratège, Me Guillaume Asfar son défenseur n'y croit pas.
« Son intelligence est limitée. En niant l'évidence, il participe à son suicide judiciaire. »
Et de demander une peine juste aux jurés en soulignant les carences affectives et éducatives de l'accusé : « Il s'est construit sans amour. »
La peine de 16 ans de réclusion criminelle est assortie d'une mesure de sûreté des deux tiers et d'une obligation de se soigner.