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Angers pourrait former les catcheurs de demain

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photo le catch revient au goût du jour, à la télé et dans les villes. un sport qui devient également un vecteur d'intégration pour les jeunes en difficulté. photo  © archives. 1

Le catch revient au goût du jour, à la télé et dans les villes. Un sport qui devient également un vecteur d'intégration pour les jeunes en difficulté. Photo © Archives.

La Ville cherche un lieu pour accueillir le projet de l'ancien champion Marc Mercier : un centre de formation pour catcheurs. La cible : les jeunes en difficulté.



Vous êtes huit fois champion du monde de catch. En quoi consiste votre projet de créer un centre de formation ?

Ce serait une première mondiale. Il y a longtemps que je suis là-dessus. J'ai monté les premières écoles de catch en 2006, il en existe une dizaine aujourd'hui en France. Il y a de la demande de partout. Je travaille sur le plan socio-éducatif avec le gouvernement. L'idée, c'est de dire que tous les mômes qui font cramer les voitures, dans les cités, on peut les recadrer au sein d'un centre de formation permanent. Un genre de pensionnat où on peut les accueillir à l'année pour les remettre dans le droit chemin.

Vous ciblez donc les jeunes délinquants ?

En partie, oui. Nicolas Sarkozy, que j'ai rencontré et qui s'intéresse à ce que je fais, veut investir pour reconstruire des prisons. Mais une cellule, de nos jours, cela coûte cher. En France, vous avez des mômes révoltés : il faut leur trouver un pôle d'intérêt, leur permettre de gagner leur vie, car leur économie souterraine rapporte souvent bien plus que n'importe quel petit boulot. Et là je ne parle pas des caïds, mais des seconds couteaux, ceux qui ne suivent pas.

L'intégration par le catch, ça marche ?

J'ai testé avec mes écoles. Je mets aux gamins un maillot bleu-blanc rouge et les voilà, soudain, qui représentent la France. Vous imaginez le truc ? Je leur donne une identité et ensuite, je les mets dans mes galas, en tant que catcheur amateur. Ils se font applaudir par le public. Leur caractère, la vision de leur pays, changent forcément. Ils voient que les gens les aiment. Après deux ans de formation, les meilleurs d'entre eux arrivent sur le marché professionnel ou semi-pro et deviennent intermittents du spectacle, payent des impôts...

Ce centre pourrait voir le jour à Angers avant la fin de l'année ?

Oui, je suis en discussion avec les élus. Le tout est de trouver un terrain pour accueillir mon centre. J'aimerais bien démarrer à l'automne 2009. Mais pas question de construire un bâtiment neuf, je n'ai pas le temps. J'aimerais si possible pouvoir occuper une caserne.

Essentiellement pour l'odeur de discipline.

On vit tous ensemble, on transpire et on souffre ensemble, dans un véritable esprit de camaraderie. Une caserne, c'est l'idéal, mais pourquoi pas une prison ou un pensionnat désaffecté ?

Pourquoi Angers ?

Cette ville a longtemps accueilli des galas de catch. Moi-même, j'y suis passé plusieurs fois. Elle est bien desservie par l'autoroute et par le TGV. Et puis on sent qu'il y a une dynamique sportive avec des sports d'élite, un centre nautique... De l'argent circule autour du sport, ici.

Combien de jeunes pourriez-vous accueillir ?

Plus d'une centaine, au début. Mais cela va vite devenir un projet d'intérêt national. J'espère mettre en place trois ou quatre centres de formation en France, très rapidement, avec un total de 5 000 mômes formés...

Quels sont vos soutiens ?

L'État me donne un coup de pouce, par le biais de son action socio-éducative. J'ai rencontré le ministre Bernard Laporte à plusieurs reprises... Il faut que je sois appuyé par la Ville d'Angers, car je ne travaille pas à vide. Mais je viens aussi avec des partenaires privés, comme le groupe Casino qui s'est engagé à embaucher certains jeunes à l'issue de leur formation en alternance.

De quoi avez-vous besoin pour mener à bien ce projet ?

Pas grand-chose. Un endroit pour accueillir le centre, et puis de quoi payer les entraîneurs, les survêtements, les maillots tricolores... Il faut que ce centre soit gratuit pour les jeunes, ça, c'est primordial.

 
Propos recueillis par Arnaud WAJDZIK.   Ouest-France  

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