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« Un rêve d’enfant » : de peintre en bâtiment à chauffeur de bus, la reconversion réussie pour ce conducteur angevin... |
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Place Lorraine, 8 h 30 du matin. Raphaël Fradin commence son service qui se terminera à 19 h, après 8 h 24 de conduite sur plusieurs lignes. © Ouest-France
Le chauffeur de bus Raphaël Fradin aime la période des fêtes. Même si l’affluence à certains endroits peut rendre les conditions de conduite délicates. Deuxième volet de notre série « les visages de Noël » avec cet ancien artisan qui a changé de voie en 2019.
8 h 30, lundi 22 décembre, place Lorraine. Quelques voitures et cyclistes passent le long du boulevard Foch où sont stationnés plusieurs camions de livraison. La ville s’anime doucement. Les vacances de Noël viennent de démarrer. Raphaël Fradin attend son bus, satisfait qu’il ne pleuve plus, et prêt à faire 8 h 24 de conduite jusqu’à 19 h. Un rythme auquel il s’est habitué, qui demande une bonne hygiène de vie.
Ce matin, il commence par la ligne 1, « habituellement bien bondée ». 30 minutes entre Lorraine et le terminus de la Quantinière, à Trélazé. Ensuite, il ira sur les lignes 3, 10 et 12. « C’est génial, à Angers, on peut changer de lignes », dit-il.
« Les deux conduites sont différentes »
Son collègue arrive dans un des nouveaux bus. Raphaël sourit. « J’adore les conduire. Ils sont hyperconfortables, pour les clients aussi. » La relève est rapide. « Pas trop de monde ? Pas de déviation ? » Un coup d’œil aux rétroviseurs internes, à l’écran des trois portes arrière, au GPS, une nouveauté dans ces bus-là, et le jeune conducteur de 33 ans, père de trois enfants, démarre.
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Il y a peu de passagers. Avec les vacances scolaires, les carrefours de la rue Saumuroise qui bouchonnent tout le temps entre le collège de la Madeleine et Mongazon sont totalement dégagés. Au retour, « ça charge » un peu plus. Une femme non voyante monte, suivie de deux personnes âgées. Il attend qu’elles soient bien installées pour repartir.
Oublier les grincheux
En 2019, après avoir été peintre en bâtiment pendant 15 ans, Raphaël Fradin est devenu chauffeur de bus, son rêve d’enfant. Conducteur de tram, aussi. Il est heureux d’être polyvalent parce que « les deux conduites sont très différentes. Dans le tram, on suit les rails. Tout est dans le freinage, on doit être très concentré, tout anticiper, porter notre regard au loin et se mettre dans la tête des gens ». D’autant plus, ce qu’il n’a encore jamais fait, quand on conduit la ligne C qui longe le marché de Noël place du Ralliement, et que « les gens ont la tête à d’autres choses ».
À 9 h 54, Raphaël est de retour à Lorraine. Juste avant, il a croisé dans la rue une passagère descendue précédemment qui lui a souri. « On ne retient que ces gens-là », décide-t-il. Oubliant les grincheux, il préfère parler des « 90 % de gens qui sont polis, disent “bonjour”, “au revoir”, “bonne journée” ».
Il aime cette période, « l’ambiance plus détendue, les illuminations, les familles, les enfants qui sont contents ». Le 24 au soir, à 19 h 50, encore en tenue, il a filé réveillonner.