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« Un format XXS » : il rénove une maison de 17m2 à Lyon, ses vidéos font le buzz sur Instagram... |
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Ancien professionnel du jeu vidéo, Camille Thouvenin rénove seul ce qui serait la plus petite maison de Lyon (Rhône), un logement de 17 m² qui lui vaut une notoriété croissante sur les réseaux sociaux. © Camille Thouvenin
À 43 ans, Camille Thouvenin a changé de vie. Après vingt ans passés derrière un écran, cet ancien professionnel du jeu vidéo rénove aujourd’hui un minuscule pavillon de 17 m2, dans le IIIe arrondissement de Lyon (Rhône). Documenté sur les réseaux sociaux, ce projet atypique suscite un engouement inattendu.
« C’était le moment de me lancer sur un projet plus manuel », nous confie Camille Thouvenin. Fraîchement licencié après deux décennies dans le secteur du jeu vidéo, ce Lyonnais de 43 ans a ressenti le besoin de faire autre chose. Bricoleur dans l’âme, il a décidé de se lancer dans la rénovation d’un bien immobilier. Après plusieurs recherches, le quadragénaire est tombé sur ce qu’il pense être « la plus petite maison de Lyon », un logement atypique situé près des quais du Rhône, dans le IIIe arrondissement.
Niché entre deux immeubles, au milieu d’une cour fleurie, le pavillon détonne. « On ne le voit même pas depuis la rue, il ne devrait même pas exister ce truc-là, s’amuse Camille Thouvenin. Quand je l’ai vu, je me suis dit : c’est exactement ça qu’il me faut. » Acquise pour 94 000 €, hors frais de notaire, cette mini-bâtisse ne mesure que 17 m2. « C’est un petit carré de 3,8 m sur 4,4 m, ou plutôt un losange puisque rien n’est droit, mais c’est ce qui fait son charme », décrit son nouveau propriétaire.
Une maison miniature au grand potentiel
Le Lyonnais savait que le chantier ne serait pas de tout repos. « La maison était inhabitable, car mal isolée. L’agencement, je n’en parle même pas, et l’état général était déplorable », se remémore-t-il. Mais hors de question pour autant de faire intervenir des professionnels : « ça n’aurait jamais été rentable ». Fort de plusieurs expériences dans la rénovation aux côtés de ses proches, Camille Thouvenin a choisi de tout faire lui-même.
Voilà donc un mois qu’il se rend quotidiennement sur place pour construire, retaper et aménager les lieux, de manière à optimiser le moindre espace. Il a ainsi conçu un double plafond avec meuble de rangement, une salle de bains dans un rectangle de 2 m2, des toilettes suspendues ou encore une cuisine équipée, le tout « dans un format XXS ». Un détail architectural a particulièrement retenu son attention : un lanternon, sorte de dôme vitré sur le toit.
Un atelier du XIXe siècle ?
Mis à nu après avoir été dissimulé par les anciens propriétaires avec des plaques et de la laine de verre, cet élément inhabituel a poussé Camille Thouvenin à vouloir en apprendre davantage sur l’habitation. Depuis, ce passionné mène une véritable enquête en consultant les archives municipales ou en tentant d’obtenir des informations auprès des habitants du quartier. « Le scénario le plus probable, c’est qu’il y avait une boutique dans les années 1830 avec, a priori, un atelier en arrière-cour. Cette maison aurait été une dépendance, un espace de travail. »
En parallèle, le Rhodanien documente tout le projet sur Instagram. « Je voulais simplement en garder une trace », confie-t-il. Mais ce qui se voulait être un simple carnet de bord pour ses proches a pris des proportions inattendues. « J’ai compris que ça intéressait beaucoup de monde, donc j’ai commencé à faire de plus en plus de vidéos. Je pense que ça plaît à ceux qui aiment la rénovation ou l’architecture. Mais c’est probablement l’histoire humaine derrière qui attire aussi. »
Plus de 15 000 abonnés sur Instagram
En à peine six semaines, son compte a dépassé les 15 000 abonnés et ses vidéos cumulent plus d’un million de vues. « Des gens passent même dans la cour pour voir ce que je fais pendant que je suis perché sur mon toit. J’ai reçu des messages d’artisans, d’agents immobiliers, de curieux… » Cette petite notoriété est devenue un moteur pour le quadragénaire. « Ça me motive à avancer sur les travaux, car si je ne travaille pas sur les chantiers, il n’y aura tout simplement pas de vidéos », plaisante-t-il. Des marques l’ont également contacté pour sponsoriser ses contenus en lui fournissant du matériel, ce qui lui permet d’économiser sur son budget.
Aujourd’hui, Camille Thouvenin vit son projet comme une véritable thérapie. « Lorsqu’on est licencié, il y a le risque de rester à la maison toute la journée à regarder des séries… Je ne voulais surtout pas ça. Il fallait que je sorte de mon espace de confort, que je fasse autre chose », assure-t-il.
Son objectif est de terminer les travaux d’ici fin août 2025 et de proposer la maison à la location, comme il l’a également expliqué à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes . Ensuite ? Peut-être recommencer. « J’aimerais en faire une activité. Rénover d’autres biens et aider des gens à se lancer. Je ne vais pas passer un CAP maçonnerie à mon âge, mais j’ai envie de rester dans ce domaine. Après 20 ans de jeux vidéo, je me dis qu’il est temps de changer. »
La plus petite maison de Lyon ?
En attendant, le Lyonnais continue de consacrer tout son temps à la rénovation de sa maison. On ignore si celle-ci est véritablement la plus petite de Lyon, mais d’après Camille Thouvenin, tout porte à croire que c’est bel et bien le cas. « J’ai retrouvé des articles de presse datant de plusieurs années qui parlaient de la plus petite maison de Lyon. Elle faisait 36 m2 et se trouvait dans le VIe arrondissement. J’ai consulté le cadastre et différents plans, mais je n’ai rien trouvé de plus petit ». Selon lui, il s’agirait même de l’une des plus petites de France.