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« On ne va pas pouvoir rouvrir avant deux ou trois mois » : à Angers, l’heure est à la réparation après les inondations... |
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Charlotte Bouvier et Manon Laclau vont devoir fermer leur commerce pour deux ou trois mois. © Ouest-France
À Angers (Maine-et-Loire), tandis que la Maine poursuit sa décrue, les commerces tentent de se reconstruire après les inondations. Si le soleil a ramené les Angevins dans les bars et restaurants, les dégâts causés par la montée des eaux vont avoir de réels impacts pour les commerçants des quartiers du bas de la ville.
Survivre à la crue. Dans les quartiers des bords de Maine à Angers (Maine-et-Loire), l’eau redescend peu à peu. En ce jeudi 26 février 2026, la rivière risque de passer sous la barre des 5,50 m. L’heure est venue pour les commerçants de constater les dégâts.
L’eau s’est infiltrée partout
Dans le concept store Parenthèse intérieure, situé à l’angle de la rue Garnier et du boulevard Henri-Arnauld, dans le quartier de la Doutre, les traces laissées par la crue sont visibles à l’œil nu. Charlotte Bouvier et Manon Laclau, décoratrices d’intérieur et cogérantes des lieux, vont devoir refaire entièrement leur boutique. On ne va pas pouvoir ouvrir avant deux ou trois mois, se désole Charlotte Bouvier. Il y avait 10 à 15 cm d’eau dans tout le magasin. La protection entre la sous-couche et l’ancien carrelage a été complètement immergée. Il va falloir refaire tous les sols, déménager toutes notre marchandise et tout déshumidifier.
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Le sol est l’entièreté du papier peint sont à refaire dans leur boutique. Ouest-France
Tandis ce que le sol peut s’arracher à la main, les plinthes commencent à s’effondrer, l’humidité a infiltré les murs et l’entièreté du papier peint est à refaire. Notre propriétaire va nous prêter un bureau en face, poursuit la jeune femme. Le coin de la rue est une cuvette, nous avions barricadé les entrées mais l’eau est remontée par le sol.
Propriétaires d’une autre petite boutique à Brissac, elles ont été dans l’obligation de mettre leur employée en chômage partiel.
On va tout déposer chez un stockeur, poursuit Manon Laclau. Un site internet d’urgence va être créé au moins pour les vêtements de la collection actuelle. On va serrer les dents et arrêter de se payer.
Actives sur leurs réseaux sociaux, elles ont reçu énormément de messages de soutiens de leur clientèle.
Les réouvertures se succèdent
Au comptoir de la Marine, sur le quai des Carmes, l’heure est à la réouverture… Avec les moyens du bord. La cave est encore pleine d’eau mais heureusement la salle n’a pas été touchée, affirme, soulagée, Valentine Pateu, responsable des lieux. On a dû mettre toutes les tireuses dehors et le système de bière est sous l’eau depuis une semaine. Ce qu’il y avait dans les frigos est à jeter mais avec le beau temps, les gens sont contents de revenir après la crue.
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Sur le quai des Carmes, les Angevins profitent de la fin des crues et du retour du soleil. Ouest-France
Dans les halles Biltoki, la réouverture combinée au retour du beau temps a également été un réel succès. Il y a eu beaucoup de monde mardi et mercredi, se réjouit son directeur Jean Forestier. Nous avions tous hâte de rouvrir pour accueillir à nouveau du monde. La réouverture a été bien préparée, on a été prêt super vite et même si on a été secoué, je trouve que nous nous sommes vraiment bien débrouillés.
Bien que les halles n’aient pas été inondées, son directeur a fait le choix de les fermer à la suite d’un mail reçu par le bailleur. Nous étions frustrés, mais c’était un choix de raison et de responsabilité pour protéger notre outil de travail. Il faut, dans ces moments, être très prudent, mais au moins il n’y a pas de casse.
Alors que la Maine va poursuivre sa décrue dans les prochains jours, beaucoup de commerces des quartiers des bas d’Angers sont encore fermés.