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« Mme Thatcher », « technocrate »… Les réactions politiques à la nomination d’Élisabeth Borne... |
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Jean-Luc Mélenchon prononce un discours lors d’une réunion de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) à Marseille, le 12 mai 2022. © PASCAL GUYOT / AFP
La nomination d’Élisabeth Borne à la tête du gouvernement ne manque pas de faire réagir la classe politique. La nouvelle Première ministre incarne pour l’opposition la politique du président de la République Emmanuel Macron.
À peine annoncée, la nomination d’Élisabeth Borne en tant que Première ministre a suscité de vives réactions politiques, les partis d’opposition en tête.
Si certains ont salué la nomination d’une femme au poste pour la seconde fois dans l’histoire de la Ve République, le bilan d’Élisabeth Borne en tant qu’ex-ministre du Travail d’Emmanuel Macron lui vaut les foudres de l’opposition, à commencer par la réforme de l’assurance-chômage durant le précédent quinquennat.
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L’une des « figures les plus dures de la maltraitance sociale », estime Jean-Luc Mélenchon
La nouvelle Première ministre Élisabeth Borne est « parmi les figures les plus dures de la maltraitance sociale » dans la Macronie, a dénoncé Jean-Luc Mélenchon, qui espère être nommé à Matignon si la Nouvelle union de la gauche (Nupes) remporte les législatives de juin. « Sa nomination commence dès les premiers instants par une tentative de tromperie, Mme Borne serait une femme de gauche », mais « nous ne lui accordons pas ce label », a-t-il affirmé dans une déclaration à la presse.
Il a cité plusieurs réformes portées par l’ancienne ministre du Travail, comme « l’ouverture à la concurrence du rail ». Il a dit la tenir « personnellement responsable qu’un million de chômeurs aient leur allocation baissée » et de « la réduction des droits des travailleurs », et souligné qu’elle s’était « prononcée pour la retraite à 65 ans ».
« Pour ce qui concerne l’écologie, on n’en fera pas une liste si longue, mais c’est elle qui a fait reporter de 10 ans l’entrée dans le mix énergétique, donc la fin du nucléaire, et fait reporter la fin de l’usage unique des objets en plastique », a argué Jean-Luc Mélenchon.
Élisabeth Borne, à ses yeux, « incarnera la continuité de la politique du président de la République et des précédents Premiers ministres, c’est donc en quelque sorte une nouvelle saison de maltraitance sociale et écologique qui commence ».
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« Poursuite de la politique de mépris », dénonce Marine Le Pen
« En nommant Élisabeth Borne comme Premier Ministre, Emmanuel Macron démontre son incapacité à rassembler et la volonté de poursuivre sa politique de mépris, de déconstruction de l’État, de saccage social, de racket fiscal et de laxisme », a tweeté de son coté l’ancienne candidate RN à la présidentielle Marine Le Pen, faisant notamment allusion à la réforme de l’assurance-chômage durant le précédent quinquennat.
Son lieutenant et président du RN Jordan Bardella a fustigé, en marge d’une conférence de presse à Metz, une « Première ministre antisociale qui va se charger docilement de mettre en place la feuille de route d’Emmanuel Macron, c’est-à-dire le saccage social, la retraite à 65 ans, probablement l’explosion des prix, des taxes sur les biens de première nécessité, sur l’énergie ».
En nommant Elisabeth Borne comme Premier Ministre, Emmanuel Macron démontre son incapacité à rassembler et la volonté de poursuivre sa politique de mépris, de déconstruction de l'État, de saccage social, de racket fiscal et de laxisme.
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) May 16, 2022
Des réactions diverses chez LR
La présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse a félicité la nouvelle Première ministre sur Twitter : « Toutes mes félicitations républicaines à Élisabeth Borne. Elle a incontestablement le parcours d’engagement nécessaire pour devenir la 2e femme Premier ministre de notre pays. Je lui souhaite le meilleur pour la France ».
De son côté, le patron de LR Christian Jacob, a déploré l’annonce : « Tout changer pour ne rien changer. Trois semaines de tergiversations et de petits arrangements, sans vision ni perspective. Avec la nomination d’Élisabeth Borne, on repart avec les mêmes ».
Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, a critiqué le choix d’une « technocrate socialiste » : « retour à la case départ, il a commencé à gauche et terminera à gauche. Humiliation pour ceux qui pensaient qu’il allait faire une politique de droite. Pensées attristées pour ceux qui ont cru en lui ».
Nadine Morano, députée européenne LR, estime que le choix est juste : « A gauche, aux ordres, et pas d’ombre au Président… le profil idéal ».
Son bilan social critiqué à gauche
« Avec Élisabeth Borne, Macron a trouvé sa Mme Thatcher », taclé de son côté Fabien Roussel, député PCF du Nord et ancien candidat à la présidentielle sur Twitter : « Privatisation et mise en concurrence de la SNCF et de la RATP, réforme de l’assurance chômage au détriment de plus d’1 million d’allocataires, fossoyeuse de Fessenheim : avec Élisabeth Borne, Macron a trouvé sa Mme Thatcher. La technocratie au service de l’argent roi ».
Privatisation et mise en concurrence de la SNCF et de la RATP, réforme de l’assurance chômage au détriment de plus d’1 million d’allocataires, fossoyeuse de Fessenheim : avec Elisabeth Borne, Macron a trouvé sa Mme Thatcher.
— Fabien Roussel (@Fabien_Roussel) May 16, 2022
La technocratie au service de l’argent roi.
Olivier Faure, patron du PS : « Point positif, une femme PM. Pour le reste… Nomination de la ministre des Transports qui a démantelé le service public ferroviaire, de l’Écologie condamnée pour inaction climatique, du Travail qui a spolié les chômeurs avec la réforme de l’assurance chômage #BorneOut ».
Point positif, une femme PM. Pour le reste… Nomination de la ministre des transports qui a démantelé le service public ferroviaire, de l’écologie condamnée pour inaction climatique, du travail qui a spolié les chômeurs avec la réforme de l’assurance chômage #BorneOut
— Olivier Faure (@faureolivier) May 16, 2022
Adrien Quatennens, député LFI du Nord et coordinateur de LFI, a dénoncé le bilan de la ministre du Travail : « Réforme de l’assurance-chômage, ouverture à la concurrence de la SNCF, mise à pieds de l’inspecteur Anthony Smith. Et maintenant retraite à 65 ans et RSA conditionné ? Élisabeth Borne, l’autre nom de la maltraitance sociale, signé Macron. Un mois à tenir. #OnVeutMélenchon ».
« Après l’assurance chômage, #Borne a bien l’intention de vous faire souffrir encore avec la retraite à 65 ans. Pour l’empêcher, c’est simple : la licencier en votant pour les candidats de la nouvelle union populaire aux législatives ! », a renchéri Manuel Bompard, responsable LFI des négociations pour les législatives.
« Cinq ans de perdus pour le climat »
Du côté d’EELV, le secrétaire national Julien Bayou a déclaré dans un communiqué que le parti écologiste « ne peut que se réjouir de voir, pour la seconde fois dans l’histoire de la cinquième République, une femme accéder à Matignon » mais « Élisabeth Borne, que ce soit en tant que ministre de l’Écologie ou Ministre des Transports, a échoué à mettre la France sur la trajectoire nécessaire pour respecter l’Accord de Paris. Elle partage, avec d’autres, la responsabilité de ces cinq ans de perdus pour le climat », et « en tant que ministre du Travail, elle a perpétué une politique brutale à l’égard des personnes les plus vulnérables dans le pays ».
« À l’écoute des élus locaux »
Le maire ex-LR de Nice, Christian Estrosi, a lui salué sa nomination sur Twitter : « La grande connaissance des territoires d’Élisabeth Borne sera précieuse à la conduite des affaires de notre pays. Dans ses responsabilités antérieures et dans ses 5 années au gouvernement, elle a su se montrer très à l’écoute des élus locaux. Je lui souhaite une pleine réussite ».
Je salue la nomination d’@Elisabeth_Borne à Matignon par @EmmanuelMacron. Une femme d’action qui a été au service de la ???? sur des dossiers essentiels. Son expérience sera précieuse après les réformes ambitieuses qu'elle a accompagnées sur les transports, l'écologie et le travail
— Christian Estrosi (@cestrosi) May 16, 2022
Renaud Muselier, président ex-LR de la région Provence Alpes Côte d’Azur a renchéri sur Twitter : « La nomination d’Élisabeth Borne à Matignon est une excellente nouvelle pour la France. Pendant 5 ans, sur les thématiques des transports, de l’environnement comme de l’emploi, j’ai pu mesurer sa compétence et son engagement pour la France ».