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« La mort est souvent utilisée à des fins commerciales » : une coopérative funéraire ouvre à Avrillé... |
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Jean-Yves Tessier, le président de la coopérative et Nicolas Gilet, le responsable, devant la vitrine de la société, 12, avenue Pierre-Mendès-France, à Avrillé. © Ouest-France
À Avrillé, près d’Angers (Maine-et-Loire), une coopérative funéraire vient d’ouvrir ses portes au 12, avenue Pierre-Mendès-France, le 9 janvier 2023. Mais pourquoi une coopérative, pourrait-on s’interroger ?
« Nous nous sommes retrouvés avec un petit nombre de personnes pour constater que la mort est souvent utilisée à des fins commerciales. Nous avons proposé quelque chose de différent », rapporte Jean-Yves Tessier, le président de la coopérative, qui compte environ 180 membres.
Rassemblés au sein d’une association, Paroles croisées autour de la mort, ces personnes, souvent issues du milieu laïc, ont porté le projet d’une coopérative ouverte à tous, pas seulement aux adhérents. « C’est Fernand Cruau, un ancien responsable CFDT du Maine-et-Loire, qui en est à l’origine. Il est décédé depuis, mais on a poursuivi son œuvre. »
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« L’intégralité du résultat est réinvestie dans l’entreprise »
Jean-Yves Tessier poursuit : « Nous avons voulu proposer un service qui s’appuie sur les valeurs et principes de démocratie, de solidarité, d’écoresponsabilité et de non-lucrativité. Nous n’avons pas d’actionnaire. L’intégralité du résultat est réinvestie dans l’entreprise. »
Cette philosophie se traduit dans les locaux de l’agence. Pas de présentation de cercueils, de fleurs ou de plaques funéraires. Par contre, on trouve une salle d’accueil chaleureuse et une salle de réception toute simple qui permet de se sentir « comme chez soi ».
Dans les lieux, trois accompagnants, dont le responsable Nicolas Gilet, reçoivent les familles. « On les assiste totalement dans leurs démarches, rajoute Nicolas Gilet. Du recueil des dernières volontés jusqu’à l’accompagnement psychologique. Ce sont nos priorités. »
Cercueils en bois brut non vernis et de fabrication française
La coopérative a également une démarche écoresponsable. Les cercueils sont en bois brut non vernis et de fabrication française, avec une gamme réduite à six modèles. « Mais nous ne sommes pas des pompes funèbres low cost, reprend Nicolas Gilet. Nous recherchons la qualité du service. »
La coopérative ne travaille pas toute seule, mais avec des sociétés comme les salons funéraires, les fleuristes ou les transporteurs.
Loin de s’adresser uniquement aux Angevins, la coopérative s’adresse à la population de l’ensemble du département.