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« J’ai voulu prendre un bain de pieds dans le train… mais l’opération fraîcheur a tourné au fiasco »... |
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« Soudain, je prends une décision, je me dirige vers les toilettes au bout du wagon… » Ici, un train Corail en gare de Caen (Calvados) en août 2005. © Archives MYCHELE DANIAU / AFP
Courrier des lectrices et des lecteurs. « Ce jour-là, j’avais beaucoup arpenté les rues de la capitale, sans parler des couloirs du métro. Et quelle idée avais-je eu d’enfiler des chaussettes aussi épaisses ? Dans le train du retour, la chaleur est devenue une obsession… »
Dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs », Daniel Le Faou (Ille-et-Vilaine) a répondu à notre appel à témoignages sur les scènes insolites vécues dans le train :
« Il fait très chaud dans ce train Corail qui me ramène de Paris à Nevers (Nièvre), un soir d’été des années 1980. Le wagon est bondé.
Je suis coincé entre un voisin ventripotent et ruisselant — moi-même ne valant guère mieux — et un vis-à-vis longiligne dont les jambes interminables envahissent l’espace. Impossible de poser mes pieds correctement.
Mes pieds… Parlons-en. Ils me brûlent. Littéralement. J’ai beaucoup arpenté les rues de la capitale, sans parler des couloirs du métro. Et quelle idée ai-je eu ce matin d’enfiler des chaussettes aussi épaisses ? La chaleur devient une obsession. Je fixe ma grille de mots croisés sans en voir les définitions. Enlever mes chaussures ? Impensable. Par charité pour mes voisins.
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« J’enjambe tant bien que mal le minuscule lavabo »
Soudain, je prends une décision. Au pied levé, si j’ose dire : je me dirige vers les toilettes au bout du wagon. Là, je retire chaussure et chaussette gauches, puis j’enjambe tant bien que mal le minuscule lavabo. Je fais couler l’eau sur mon pied nu. Elle est tiède, mais me semble délicieusement fraîche. Je ferme les yeux. Quel soulagement.

« Le train a repris sa vitesse de croisière. Tout semble normal. Sauf mon pied droit ! » Ici, un train Corail quitte la gare Montparnasse, à Paris, en décembre 1999. Archives PATRICK KOVARIK / AFP
C’est précisément à ce moment que le train décide de freiner brutalement. Je m’agrippe au lavabo. Trop tard. Mon pied glisse dans la cuvette. Le sertissage cède. L’évier se décroche et s’encastre de travers. Catastrophe. Je me rechausse à toute vitesse et quitte discrètement les lieux. Ouf ! Le couloir est désert. Personne devant la porte ; aucun témoin de cette dégradation d’un bien public ! La providence veille parfois sur les imprudents.
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« Une sensation étrange, presque électrique »
Je regagne ma place en essayant d’afficher l’expression neutre du voyageur qui n’a absolument rien à se reprocher. Le train a repris sa vitesse de croisière. Tout semble normal. Sauf mon pied droit ! Resté dans sa chaussette étuve, il me paraît désormais plus brûlant encore, comme vexé d’avoir été exclu de l’opération fraîcheur. La différence de température entre mes deux pieds crée une sensation étrange, presque électrique. Un phénomène de thermocouple, sans doute… Ou alors une punition physiologique ?
Vivement Nevers. Vivement la maison. Vivement un seau d’eau froide pour réconcilier mes deux malheureux pieds. »
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