|
« Ça nous oblige à tout jeter » : les inondations ont pris par surprise cette pizzeria de Maine-et-Loire... |
1
Alain Lyvu dans sa pizzeria le samedi 21 février, venu constater les dégâts dus à la crue de l’Oudon. © Laëtizia Pizza
Mal informés, les exploitants de la pizzeria Laëtizia au Lion-d’Angers (Maine-et-Loire), n’avaient pas anticipé l’inondation de l’Oudon qui a envahi leur établissement le vendredi 20 février 2026. Surpris, ils ont agi dans l’urgence pour sauver ce qu’ils pouvaient. Aujourd’hui, ils constatent les dégâts et procèdent au nettoyage avant de pouvoir rouvrir mardi 3 mars.
Par rapport au bourg du Lion-d’Angers (Maine-et-Loire), la pizzeria Laëtizia est située de l’autre côté de l’Oudon, après le pont, sur la route de Château-Gontier. Alain Lyvu et Laëtitia, son épouse, ont créé cet établissement en mars 2021. Peu au courant des phénomènes des crues de la région, ils ne sont pas familiers de la conduite à tenir.
Lire aussi : « On n’avait jamais vu ça » : à Oudon, après la crue, on évalue les dégâts
Ils se pensaient à l’abri
Le jeudi 19 février, ils avaient bien vu la fermeture du pont et l’envahissement du camping, mais assez éloignés, ils ne pensaient pas être concernés, d’autant plus que les employés de la mairie, occupés à fournir des parpaings aux maisons menacées plus bas, les avaient rassurés.
Mais l’Oudon en a décidé autrement et le vendredi soir, ils ont été avertis que l’eau arrivait près du restaurant. C’était trop tard. Le jeudi, ils avaient réceptionné toutes les denrées pour le week-end et la semaine à venir, et tout stocké dans les frigos et congélateurs. Dans l’eau, le transformateur EDF près du camping a été isolé et le courant coupé. Plus de frigos, plus de congélateurs, plus de denrées.
200 kg de marchandises à jeter
Le samedi, Alain et Laëtitia constatent les dégâts et jaugent les 10 cm d’eau installés dans le restaurant. Tout est à annuler, les réservations déjà nombreuses pour des pizzas à emporter, les commandes en cours. Nous avions autour de 200 kg de marchandises au frais, pour confectionner les pâtes et garnir les pizzas. La rupture de la chaîne du froid nous oblige à tout jeter, même les farines qui ont pris l’humidité, précise Alain Lyvu. Heureusement, nos clients habitués ont bien compris et se sont montrés solidaires, les messages de sympathie sont vite arrivés pour nous réconforter.
Dès le lundi, Alain et Laëtitia se sont retroussé les manches. Armés de seaux, de balais et de raclettes, ils ont évacué les frigos qui avaient baigné dans l’eau et commencé le nettoyage d’un liquide nauséabond et gras, qui résiste aux produits, dans une odeur de vieille poissonnerie. Depuis une semaine, ils nettoient et ventilent les salles à l’aide de séchoirs de locations.
Le bâtiment n’a pas trop souffert, même si quelques plinthes se sont décollées et que des carrelages ont bougé. Nous ne pouvons pas ouvrir avant que tout soit redevenu propre, et il nous faut une semaine pour refaire nos approvisionnements.
Alors, entre les expertises des assurances attendues, les approvisionnements à refaire et les commandes à reprendre, tout ne rentrera dans l’ordre qu’à partir du mardi 3 mars, avec une production limitée. Alain et Laëtitia ont goûté une expérience amère qu’ils ne vont pas oublier.