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Angers. Violences aux abords de l’Alvarium : sept plaintes déposées, une enquête ouverte... |
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Les tensions sont régulières aux abords du local identitaire l’Alvarium, rue du Cornet à Angers. © Archives CO – Laurent COMBET
Dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 mai, sept personnes ont été victimes d’une agression dans la rue du Mail, à Angers. Désignés comme responsables, les identitaires de l’Alvarium assument une « réaction musclée ». Une enquête pour violences en réunion est ouverte.
Un simple autocollant, apposé près du local identitaire l’Alvarium, aurait déclenché un déferlement de violences. C’était dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 mai, dans le centre-ville d’Angers. Selon un témoignage recueilli par Ouest-France, un groupe de trentenaires circulait rue du Mail quand l’un d’eux a voulu coller un sticker dans la rue du Cornet, celle de l’Alvarium.
« Je me suis fait tabasser »
Un projectile lui aurait été lancé depuis une fenêtre du local des militants d’extrême droite. Puis, selon le témoignage recueilli par nos confrères : Une quinzaine de personnes sortent du local et nous pourchassent
. Ce membre du groupe molesté raconte encore : Je me suis fait tabasser. Tout le monde en a pris plein la tronche
. Des coups de poing et de pied ont été donnés rapporte Libération. Les pompiers ont été sollicités et ont pris en charge deux personnes.
Sept plaintes
Ce mardi, Éric Bouillard, procureur de la République, indique que sept personnes ont déposé plainte auprès du parquet d’Angers. La police angevine a été saisie et une enquête est ouverte pour violences en réunion. Les témoignages consignés dans la plainte confirment le jet d’un objet, depuis l’Alvarium, sur le colleur du sticker. Ils relatent également les insultes
et les menaces
proférées par une dizaine de personnes sorties de l’Alvarium
.
Réactions politiques
À la suite de cette agression, une partie de la sphère politique d’Angers a réagi vivement sur les réseaux sociaux. Violence gratuite et sentiment d’impunité des occupants de ce local d’extrême droite ! Ça ne peut plus durer !
a dénoncé Silvia Camara-Tombini (Parti socialiste).
Et ça continue encore et encore ! violence gratuite et sentiment d’impunité des occupants de ce local d’extrême droite! Ça ne peut plus durer ! J’espère que @Prefet49 et @ChristopheBechu vont se pencher sérieusement sur cette situation que nous dénonçons depuis des années https://t.co/7FCRpXb0Tg
— Silvia CamaraTombini ?? (@SCamaraTombini) May 23, 2021
Nous le répétons depuis des mois, il faut fermer l’Alvarium. […] Angers refuse le fascisme »,
a réagi Claire Schweitzer (La France Insoumise), tandis que le député et tête de liste aux élections régionales Matthieu Orphelin indiquait son intention de saisir le ministre de l’Intérieur pour qu’Angers ne soit plus le théâtre des agissements de cette droite extrême
.
Nous le répétons depuis des mois, il faut fermer l'Alvarium. Nous demandons au @Prefet49 de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser cette violence. Cela a trop duré. Angers refuse le fascisme. https://t.co/pOr6nK1odv
— Claire Schweitzer f (@SchweitzerClair) May 23, 2021
Autre réaction, celle de Solidaires 49, qui constate : Ce n’est malheureusement pas la première fois que la violence de ces militants d’extrême droite se produit à Angers
. Dans un communiqué, le syndicat rappelle qu’aujourd’hui, d‘autres militants d’extrême droite sont jugés en appel pour avoir assassiné Clément Méric. Parce que nous ne voulons pas que d’autres meurent ou soient blessés, nous demandons aux autorités la fermeture de l’Alvarium
.
« Droit à l’autodéfense »
Dans un communiqué, Jean-Eudes Gannat, porte-parole de l’Alvarium, dénonce une énième provocation
et un harcèlement perpétuel
. En réaction, indique le communiqué, il semblerait que des violences physiques aient en effet eu lieu
. Les militants identitaires réaffirment leur droit à l’autodéfense
. Reconnaissant une réaction musclée
, M. Gannat condamne la violence, mais pas leurs auteurs
. Une position assumée et répétée sur Twitter : Pour la défense de notre local, nous ne craignons ni les attaques organisées ni la prison
.