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Angers. L’immeuble Métamorphose, totem du quartier Saint-Serge, sera livré en 2024... |
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Angers, rue René-Rouchy, 25 mai 2021. Les ouvriers en charge du terrassement ont posé une dalle à l’effigie du projet sur les premières pierres scellées symboliquement par le maire, le promoteur et les architectes. © CO – Anthony PASCO
De par ses lignes, ses surfaces et ses usages, l’immeuble Métamorphose, un des six projets lauréats du concours Imagine Angers, sera le totem du nouveau quartier Saint-Serge. La première pierre de ce programme immobilier a été posée ce mardi midi par le maire et le promoteur.
C’est l’un des sites où la concurrence avait été la plus rude dans le cadre de l’appel à projets « Imagine Angers » orchestré par la Ville. Il avait même fallu un vote, en mars 2018, pour départager les candidats qui s’étaient positionnés sur le terrain en friche de la ZAC Saint-Serge, dont Eiffage, Bouygues et la Compagnie de Phalsbourg. Finalement, le jury avait opté pour « Métamorphose », la proposition du groupe rennais Giboire, à qui l’on doit déjà les immeubles « Quatuor » près de la gare, illustrée par les esquisses du cabinet d’architectes parisien Hamonic + Masson qui collectionne depuis les réalisations futuristes.
Un peu plus de trois ans après le résultat de ce concours, directement inspiré de celui organisé dans la capitale (« Réinventer Paris »), et quatre ans après les premières études lancées par le promoteur immobilier, la première pierre a été posée ce mardi midi sur cette parcelle de 8 250 m², bordée par la ligne de tramway et la nouvelle patinoire Angers IceParc, face au multiplexe de cinéma Pathé.
« Un vaisseau amiral hors-norme »
Michel Giboire et Christophe Béchu posent la première pierre du projet le plus spectaculaire du concours d’architecture #ImagineAngers : Métamorphose.@courrierouest pic.twitter.com/PeQDkR8Sii
— Anthony Pasco (@21Pasco) May 25, 2021
Quatre ans, c’est un délai très court, une vraie performance, d’autant plus avec la crise sanitaire que nous traversons
», s’est félicité Michel Giboire au micro, entre deux rafales de vent.
Le permis de construire, a-t-il rappelé, avait été validé en février 2020 et les premiers travaux engagés dès le mois suivant par la dépollution de cette friche industrielle longtemps occupée par des entrepôts.
Le gros œuvre, confié à l’entreprise de BTP Léon Grosse (Aix-les-Bains), suivra à partir du mois d’octobre prochain. La moitié des travaux profitera toutefois à des sociétés du département et à 80 % de la région. L’opération représente, tout compris, un investissement de 70 millions d’euros. La livraison est prévue fin 2024, soit trois ans plus tard que l’échéance qui avait été évoquée initialement.
Cette cérémonie, qui s’est déroulée en comité restreint, a été l’occasion de détailler et d’actualiser les contours de ce vaisseau amiral hors norme
». Il offrira en effet 25 500 m² de surface de planchers d’un même tenant
», un record et une prouesse en termes de conception, et 3 000 m² de terrasses sur huit niveaux.
Le cerveau du projet Smart City Angers

Les architectes, ici aux côtés de Michel Giboire et Christophe Béchu, ont détaillé ce projet « exceptionnel, aussi par ses dimensions humaines ». Anthony PASCO
Au rez-de-chaussée, l’enseigne Block Out aménagera une salle d’escalade grand public et un restaurant. Un complexe de fitness, avec bassin d’aquagym, ouvrira sur l’autre versant, côté patinoire. Une brasserie orientée vers la station de tramway occupera le reste de l’espace.
Dans les étages, plusieurs entités se partageront les 12 000 m² de bureaux, salles de travail et de réception, dont la moitié réservée par la Chambre de commerce et d’industrie de Maine-et-Loire, le service Aldev et d’autres acteurs du pôle économique de la métropole. La collectivité a prévu de se déployer au total sur un tiers de la surface en installant aussi le centre névralgique de son concept de territoire intelligent (« Smart City ») et la Maison internationale de la métropole angevine.
Le reste du programme correspond à 76 logements en colocation, du T1 au T4, et à l’arrivée d’un établissement d’enseignement supérieur qui reste à désigner après le désistement de l’École spéciale des Travaux Publics.
Le bâtiment, articulé en trois volumes découpés en gradins, sera traversé par un passage couvert, reliant la rue René-Rouchy au Mail des Présidents, et complété par une serre méditerranéenne, également ouverte au grand public.

Le projet Métamorphose vue depuis la station de tramway «Berges de Maine». Hamonic + Masson

L’immeuble est organisé en nappes successives qui juxtaposent les différents programmes du projet financé par Giboire. Hamonic + Masson

?Gaëlle Hamonic et Jean-Christophe Masson ont imaginé cette structure de béton et métal comme « un organisme vivant », constitué de « torsions », de « points hauts et bas ». Anthony PASCO
Un projet époustouflant, de par ses formes et ses usages, a salué Christophe Béchu. Le bâtimentn’aura pas de façade arrière. Tous ses côtés seront nobles, quel que soit l’angle par lequel on le regardera. Cet ovni sera un signal pour le campus universitaire et le quartier Saint-Serge qui est en train de naître ».