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« Vrai » conseil, « vrai » débat, « vrai » quartier... |
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L'étude de la majorité sur la future rénovation urbaine de Monplaisir, où l'on aperçoit le périmètre d'étude pour la deuxième ligne de tramway, et les zones aménageables.
Les élus d'Angers se sont réunis, hier soir, à Monplaisir, devant 200 personnes. Il a été question des quartiers et de rénovation urbaine.
Rarement un conseil municipal n'aura connu telle affluence. Près de deux cents personnes sont venus assister, hier soir, au conseil décentralisé à la salle de sports de Monplaisir. « C'est un vrai conseil, ce soir, qui aura à se prononcer sur de vraies actions », indique le maire, en préambule. Un vrai conseil, avec seulement sept points à l'ordre. Et parmi eux : le vote d'un voeu pour obtenir des fonds de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU).
Des fonds pour faire quoi ? Pour désenclaver un quartier replié sur lui-même, pour donner un nouveau souffle au commerce local, pour changer l'image des logements. Tout ne se fera pas en un mois. Un concours d'architectes-urbanistes sera lancé, prochainement, mais des zones ont déjà été réservées par la majorité pour engager des travaux (voir plan ci-contre). Par ailleurs, le périmètre de passage de la future deuxième ligne de tramway fait également partie de l'étude. « Il ne s'agit pas de stigmatiser Monplaisir, de tout jeter avec l'eau du bain. Au contraire, nous avons confiance dans son avenir », assure Jean-Claude Antonini.
La minorité municipale indique qu'elle partage le sens de cette délocalisation. « Le symbole est fort. Le conseil de ce soir sera réussi si nous faisons naître un espoir, une mobilisation autour d'un projet de quartier. Si les habitants y croient et s'y associent... », estime, pour sa part, Laurent Gérault.
Un « plan quartier »
Parallèlement, la majorité a profité de sa présence à Monplaisir pour lancer son « plan quartier » avec un budget dédié, 420 000 €, et trois priorités : renforcer les services de proximité avec les quartiers, mobiliser le mécénat d'entreprises locales et de particuliers pour financer des projets, aider les maisons de quartier. Emplois des jeunes, vie associative, éducation... Un exemple d'actions : deux locaux pour les jeunes à Monplaisir, équiper les écoles en ordinateurs, créer un îlotage municipale (policiers municipaux) sur les quartiers... « Le sentiment d'insécurité reste fort dans les quartiers », estime Frédéric Béatse, adjoint à la politique de la Ville.
Ce plan quartier, selon Romain Thomas, est une « montagne qui accouche d'une souris ».
Il poursuit : « Tout ça pour ça ? Ce plan n'est qu'une compilation de mesures déjà annoncées voire déjà prises ou de promesses de campagne qu'on ressort opportunément. »
Et ouvre les hostilités : « Vous êtes en campagne électorale. » Néanmoins, il votera pour ce plan...
Frédéric Béatse lui répond : « Tout ça pour ça, c'est ce que je m'apprêtais à vous répondre. On est parti de cinq réunions de quartier pour caler ce projet. On n'allait pas vous balancer un feu d'artifice, faire comme le gouvernement qui annonce des choses qu'il ne fait pas après... »
Et l'adjoint de conclure dans un soupir : « Ce que je retiens, c'est que vous allez le voter, ce plan, au-delà des effets de manche pour avoir un article dans le journal le lendemain... »